Anciens patronymes du Valois (épisode 3): noms de personnes à Montigny-Lengrain en 1578, selon le dénombrement du fief de Banru.

Les archives du XVIᵉ siècle concernant Montigny-Lengrain sont particulièrement rares. Aucun registre paroissial n’a été conservé, les archives des nombreuses communautés religieuses possédant pourtant des biens dans la paroisse sont muettes, et les documents seigneuriaux disponibles sont limités. Pour retracer l’histoire des familles de Montigny-Lengrain à cette époque, il est donc nécessaire de recourir à une exploration minutieuse des minutiers notariaux de Vic-sur-Aisne et de Coeuvres, dont les habitants de Montigny-Lengrain constituaient une partie de la clientèle.

Dans ce contexte, le registre coté R/4/132 aux Archives Nationales revêt un intérêt tout particulier. Ce document contient l’aveu et le dénombrement réalisés en 1578 par Antoine de Brion, écuyer et seigneur de Banru, relatifs aux revenus de son « fief, terre et seigneurie de Banru ». Ce dénombrement offre un éclairage précieux sur la composition sociale et économique de la paroisse à cette époque : il mentionne quelques dizaines d’habitants de Montigny-Lengrain, détenteurs des centaines de parcelles constituant le fief de Banru, à qui un cens était dû. À ces noms s’ajoutent ceux de propriétaires de parcelles voisines, situées en dehors des limites directes du domaine de Banru.

Le dénombrement d’Antoine de Brion est le premier document connu à détailler le parcellaire du fief de Banru. En comparaison, le dénombrement précédent, établi le 22 avril 1542 par François de Brion (conservé sous la cote R/4/131), reste très sommaire. Il se limite à une évaluation globale des revenus issus des cens et surcens, sans mentionner le nom des habitants. Quant au dénombrement suivant, daté du 2 juillet 1602 et rédigé par Robert Noël (également coté R/4/132), il s’avère être une simple copie de celui de 1578, n’apportant aucune information nouvelle.

Cet article détaille la liste des personnes mentionnées dans le dénombrement d’Antoine de Brion: 53 tenanciers directs, et environ 70 autres personnes (vivantes ou décédées) citées dans les descriptifs de parcelles. Le fief de Banru ne correspondait qu’à une partie du territoire de la paroisse de Montigny-Lengrain, située à l’ouest du village principal, à Banru, à la Vallée, aux Croutes, à Flonval et à Orval. Il ne rend donc pas compte de l’ensemble des habitants de la paroisse qui possédaient des biens à cette époque, et encore moins de toute la troupe des manouvriers qui ne possédaient rien.

Les censitaires d’Antoine de BRION, seigneur de Banru, en 1578:

Le cahier de 74 pages mentionne 53 noms de censitaires, correspondant à 31 noms de familles différents, 22 noms n’étant portés que par une seule personne. Les familles les plus représentées sont: Lourson (5 occurences), Petit (3 occurences), Mathon (3 occurences), Wedet (3 occurences), Hicquebacque (3 occurences), de Brenot (3 occurences).

Nota: l’orthographe des noms et prénoms a été laissée tel que notée dans le document original. Les noms en gras sont les noms des tenanciers. Les autres noms sont mentionnés soit dans les tenants et aboutissants des parcelles, soit, dans un petit nombre de cas, sont les propriétaires précédents.

ANDREU Pierre / ASSET Guillaume / ASSET Jacques / BOUCHARD Abel / BOUCHARD Antoine / BOUCHER Arnould / BOULLEZ Pierre / BOUVIER Anthoine / CACQUEREL Abel (les hoirs) / CAUCHEME Hector / CARLIER Jacques / CARTIER Jehanne / CAUCHEME Hector / CHARDET Loys / CHASTELLAIN Michel / CLAPPIER Jacques / COUSTART Loys / CRESPIN Gilles / CRESPIN Martin / DE BRENOT Jehan le jeune / DE BRENOT Jehan l’aîné / DE BRENOT Martin / DE BREUL Jehan / DE LA BOUE Jehan / DE CACQUERELLE Mahiette / DE FAULMONT Estienne / DE FAULMONT Jehan / DE LA PLACE Noël (les héritiers) / DE LA PLACE Jehan / DE LA PLACE Louise (épouse de Nicolas MOUTONNET) / DE LA PLACE Martin / DE LA PLACE Pierre (les hoirs) / DE LA RUELLE Andreu / DELETTRES Adrien / DE MOMMACQUE Gilles / DELETTRE Adrien / DE MELUN Jacques / DEPREE Blaise / DEPREE Claude / DE PREE Guillaume (les héritiers) / DE PREE Philippe / DESMEZIERE Henry / DES OULCHES Antoine / DES OULCHES Georges (les héritiers) / DES OULCHES Richard (les héritiers) / DESPREZ Antoine (les héritiers) / DE TAU Antoine / DE VAULX Raoul / DE VAULX Raoul (les hoirs) / DE VILLENEUVE Sébastien / DE WARMES Blaise / DE WARMES Jehan / DE WARMES Jehan (les héritiers) / DURAND Gilles / FLOCQUET Hector / FREMERY Nicolas / FREMERY Pasquet / FRERET Arthus / FRERET Mathieu / GAIARD Jesse / GAIARD Laurent / GAMELIN Pierre / GAY Nicolas / HERBELLOT Abel / HICQUEBACQUE Antoine (les héritiers) / HICQUEBACQUE Gilles / HICQUEBACQUE Jehan (les héritiers) / HICQUEBACQUE Magdalaine / HICQUEBACQUE Pierre / HIRAULT Anthoine / LECLERCQ Jacques / LE FRANCQ Gérard / LEMAIRE Flourent / LE MATTRE Amaury / LE PREUX Pierre / LEQUEULX Claude / LEQUEULX Gilles / LEQUEULX Jehan (les hoirs) / LEQUEULX Marguerite (les héritiers) / LEQUEULX Siméon (les hoirs) / LESUR Jehan / LEULLIER Colin / LEUILLIER Martin / LEULLIER Pierre / LE VASSEUR Jehan / LIENNARD Anthoine / LIENNARD Frémin (les héritiers) / LIENNART Guillaume (les héritiers) / LIENNART Henry / LIENNART Martin (les hoirs) / LIENNART Pierre / LIGNIER Marion / LOCADIEU Pierre / LOQUADIEU Médard / LOURSON Antoine / LOURSON Antoine l’aîné / LOURSON Claude / LOURSON Jehan le jeune / LOURSON Jehan l’aîné / LOURSON Jullian / LOURSON Nicolas / LOURSON Nicolas (les héritiers) / LOURSON Robert / MANTEAU Jehan / MARCHANT Antoine / MARCHANT Mahieu / MATHON Frémin / MATHON Guillaume / MATHON Loys / MATHON Loyse / MATHON Martin (les héritiers) / MATHON Nicolas / MATHON Pierre (père de la femme de Jehan SAULLON) / MONICART Antoine / MONICART Loys / MONICART Sébastien / MONICART Nicolas / MOUTONNET Nicolas / PETIT Antoine / OBLET Nicolas / OBLET Nicolas (les hoirs) / OBLET Raoul / PATIN Charles / PATIN Pierre / PETIT Antoine / PETIT Jehan / PETIT Pierre / PETIT Philippe (les héritiers) / POULETTE Guillaume ou Guillemette (les héritiers) / ROLICQUE François / ROLICQUE Jehan / SAULON Gilles / SAULON Jacques / SAULON Jehan / SOUSTILLET Noël / TABARY Nicolas / TEMPESTE Simon (de Soisssons) / WARMON Jehan / WEDET Quentin / WEDET Sébastien / WEDET Toussaint

Le fief de Banru en 1578

Chef-lieu, réserve seigneuriale et domaine concédé

En 1578 le chef-lieu du fief est décrit ainsi : « Une maison court jardin estable coulombier le tout contenant ung essin ou environ tenant d’une part au grand chemin du roy d’autre à Antoine de Pree d’un bout au larris ». Il s’agit de la seule réserve seigneuriale: tous les autres biens ont été donnés à cens, dont le moulin à blé, et constituent les quelques 429 parcelles énumérées dans le dénombrement. Quand aux deux étangs proches du moulin, ils ont été baillés à surcens par les prédécesseurs d’Antoine de Brion.

Droits

Autrefois, les seigneurs de Banru « souloient » avoir droit de haute, moyenne et basse justice, mais Antoine de Brion précise qu’il n’en jouit plus.

Arrière-fiefs

Un seul arrière-fief est mentionné: le fief « Bourguignon », qui est en fait le fief de Roy-Saint-Nicolas, avec sa maison seigneuriale et 150 arpents de terres.

Historique des seigneurs de Banru

L’abbé Saincir, auteur d’une « Histoire de Montigny-Lengrain », n’avait consulté que des sources locales et n’a pas détaillé l’historique des seigneurs de Banru. Nous allons donc le faire, principalement à partir de documents conservés aux Archives Nationales et à la Bibliothèque Nationale.

Les premiers seigneurs de Banru connus étaient de la maison de Pierrefonds. On les connait par différentes mentions dans les cartulaires, et Louis Carolus-Barré a tenté d’en établir la généalogie, comme on le voit ici:

Croquis généalogique de la maison de Pierrefonds, branche de Banru, par Louis Carolus-Barré. Arch. Dep. Oise.

A liu lumière des chartes des XIIème et XIIIè siècles, conservées dans les cartulaires des communautés religieuses, on peut identifier un certain nombre de personnages ayant possédé tout ou partie de Banru.

Hervé de Pierrefonds. Fils de Hugues de Pierrefonds. Il donne en 1188 à l’abbaye de Longpont les terres qu’il avait en fief à Banru et Mortefontaine.

Renaud de Vouties (Vouty). Il est seigneur de Banru en 1255 lorsqu’il concède aux avec son fils Jean de Vouties religieux d’Ourscamps le droit de faire des acquisitions sur ses terres.

Nivelon de Vouties (Vouty). En 1288 il cède au roi quatre fiefs, à Banru, à Palesne et à Pierrefonds.

N. de Mercin. Lors du dénombrement du Valois en 1376 (Arch. Nat. P/1893), c’est Jean de Nesle, dit Herpin, seigneur de Saint-Crépin, qui possède Montigny Lengrain et qui déclare que la soeur de Robert de Mercin tient la maison et le bois de Banru. On ignore tout d’elle. Cette mention est étonnante car elle semblerait montrer qu’à l’époque Banru était un arrière-fief de Montigny-Lengrain alors que par la suite il dépend directement du château de Pierrefonds.

Jean Cacquerel époux d’Ysabeline Testarde. Le 21 août 1444 Charles d’Orléans accorde à Jean Cacquerel et Ysabeline Testarde sa femme le rachat de leur hôtel de Banru (Bib. Nat., Cabinet des Titres, Pièces Originales 592). Jean Cacquerel était d’une famille de verriers.

On ignore comment ce Jean Cacquerel était entré en possession du fief de Banru, dans cette période troublée de la guerre de Cent Ans. Ce n’est sans doute qu’une coïncidence mais un autre (?) Jean Cacquerel avait vendu en 1394 à Louis d’Orléans une maison et des terres à Pierrefonds, qui avait été possédées par un certain Jean de Saint-Crépin, qui aurait été son beau-père.

Jean Cacquerel, époux de Marie Bernarde. Cette dernière est mentionnée dans la déclaration des terres appartenant aux religieux de Bourgfontaine, datée de 1471 (Arch. Nat. LL/1487). On y lit qu’elle est la « fille de la fille » de « Jehan Testart », qui possédait à Largny les héritages ensuite échus aux religieux de Bourgfontaine.

Déclaration des biens de la Chartreuse de Bourgfontaine, avec mention de Marie Bernarde, 1471. Arch. Nat. LL1487

Mahiette Cacquerel, épousa Michel Brion, écuyer du duc d’Orléans, capitaine de Coucy, par contrat du 5 février 1474. Fille unique de Jean Cacquerel et Marie Bernarde, elle reçut le fief de Roy-Saint-Nicolas lors de son mariage; comme il est indiqué dans le mémoire généalogique conservé au Cabinet des Titres de la BNF, dans le dossier « Brion » du Cabinet d’Hozier.

Mahiette de Cacquerel reçut sans doute ensuite le fief de Banru par héritage et elle est mentionnée dans le dénombrement de 1578 comme ancienne propriétaire d’une parcelle.

Mémoire de la généalogie des sieurs de Roy-Saint-Nicolas, Bib. Nat. Cabinet d’Hozier 67

Il y eut deux familles du nom de Brion dans le Valois au XVIème et XVIIème siècle et les deux possédèrent le fief de Banru, les uns tout le long du XVIème siècle, les autres dans la seconde moitié du XVIIème siècle. Ces deux familles sont distinctes, ne portaient pas les mêmes armes, et ne doivent pas être confondues. Ces Brion portaient pour armoiries « de sable semé de losanges d’argent ». Michel Brion était sans doute apparenté à deux verriers, Pierre et Jacquemin Brion, qui faisaient fonctionner en 1441 le four de Folembray, en forêt de Saint-Gobain. Ils eurent comme enfants:

  • Guillaume de Brion, qui suit
  • Jacques de Brion, qui suivra
  • Catherine de Brion, qui épousa Jean Foucault, verrier aux Eluats en forêt de Compiègne
  • sans doute Jacqueline de Brion, qui avait épousé un nommé Cochet. Un document la qualifie de « dame de Largny », où les Testart avaient eu des biens.

Guillaume de Brion, fils de Michel Brion et Mahiette Cacquerel. Il fut seigneur de Banru comme indiqué dans le mémoire généalogique du Cabinet d’Hozier. Il épousa Antoinette de Belloy, veuve de Jean de Poix. On ne lui connaît pas d’héritier et c’est peut-être ainsi que le fief passa au suivant.

Jacques de Brion, aussi fils de Michel Brion et Mahiette Cacquerel. Aucun document ne le nomme « seigneur de Banru » mais comme son père l’était, son frère l’était et son fils le fut, on considérera qu’il le fut aussi. Il avait épousé Catherine de Poix.

François de Brion, son fils. Il fait l’aveu et le dénombrement le 22 avril 1542. Il avait épousé Marie de Rogue, veuve d’Antoine des Fossés, seigneur de Coyolles.

Il eut pour enfants:

  • Isabelle de Brion, mariée en premières noces avec Simon de Thory, écuyer, et en secondes noces avec Charles de Homblières, seigneur de Malvoisine
  • Marguerite de Brion
  • Adrien de Brion, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, reçu en 1572. Commandeur de Maupas, près de Soissons.
  • François de Brion, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, reçu en 1574. Commandeur de Fontaine sous Montdidier.
  • Jean de Brion, chevalier de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.
  • Antoine de Brion, qui suit

Antoine de Brion, maréchal des logis de la compagnie du sieur d’Estrées en 1585. L’aveu et le dénombrement du fief de Banru qu’il fit en 1578 est l’objet de cet article. Il prenait le titre de chevalier et était seigneur de Roy Saint Nicolas, Thimet, Banru, Bérogne, Marival et Mortefontaine. Il avait épousé Marie de Gonnelieu. Antoine de Brion revendit le fief de Banru à Charles Noël en 1602 et garda le fief de Roy Saint Nicolas. On le voit vendre des terres à Roy Saint Nicolas en 1618 et il meurt en 1626. On connait son inventaire après-décès, réalisé par le notaire Jacques Warocquier de Pierrefonds. Cet inventaire est d’autant plus intéressant qu’il contient le détail des papiers de famille trouvés chez Antoine de Brion.

Antoine de Brion eut un fils, Nicolas de Brion, marié par contrat de mariage du 22 octobre 1604 avec Antoinette de Fontaines, et une fille, Marie de Brion, qui avait épousé Guillaume de Béthencourt.

Charles Noël, décrit comme « noble homme » dans son dénombrement du fief de Banru du 2 juillet 1602, ne portait pas le titre d’écuyer. Son identité reste floue : il pourrait s’agir d’un simple meunier, comme l’indiquent des archives où un certain Charles Noël loue le moulin de Tannières entre 1597 et 1619. Ce moulin, situé à Montigny, appartenait à l’abbaye de Longpont.

Antoine Noël. Il est qualifié de « noble homme (…) seigneur de Banru » au contrat de mariage de sa cousine germaine Marie Féret avec Laurent Mauflart en décembre 1626. Il habite alors à Vaubéron, hameau de Mortefontaine. En 1633 il échange des cens et surcens sur des biens à Montigny et Hautefontaine avec Charles de Brion, seigneur de Hautefontaine. Il est alors qualifié de « seigneur de la Boue et de Banru » et habite toujours à Mortefontaine. « La Boue » fait peut-être référence à une ferme du même nom, détenue par les religieux de Longpont, mais dont nous n’avons pas trouvé la localisation exacte. Il est décédé vers 1634-1635.

A noter aussi qu’un personnage du même nom était le fermier de la ferme de Thézy entre 1615 et 1619, avant de partir à la cense du Routy à Ressons-le-Long.

Claude Noël, chanoine de l’église cathédrale de Soissons, fils d’Antoine Noël. On ne connait ni acte de foi et hommage, ni acte d’aveu et dénombrement le concernant. Il dût hériter du fief à la mort de son père. Il décède le 11 octobre 1650.

Symphorien Noël, qui était entré en possession du fief comme héritier d’Antoine Noël, son père, et de Claude Noël, son frère. Il présente ses foi et hommage le 23 janvier 1655 puis son aveu et dénombrement le 17 juin 1655. Cet aveu est refusé (« blâmé ») par le procureur du roi au bailliage de Valois et remplacé par un aveu du 6 février 1656, qui détaille l’ensemble du parcellaire et qui fut accepté. Pour ce qui est des censives ce dénombrement contient en fait des reconnaissances faites par les différents possesseurs de terres devant le notaire Gosset de Pierrefonds, mais en 1650, alors que Claude Noël était encore le seigneur de Banru. Les déclarations censives sont au nombre de 305, contre plus de 400 en 1578. Mais un domaine réservé de 65 essins de terres a été constituée autour de la maison seigneuriale. Bien que plus de 70 ans se soient écoulés depuis le dénombrement d’Antoine de Brion une comparaison de la description du parcellaire et des propriétaires permettrait sans doute de faire des liens généalogiques entre les tenanciers du milieu du XVIIème siècle et ceux du dernier quart du XVIème siècle, dont certains étaient sans doute leurs grand-parents ou arrière-grand-parents.

Il ne resta pas en possession du fief de Banru puisqu’il le vend le 23 août 1655 à François-Hannibal d’Estrées, « duc et pair et maréchal de France », pour 13 000 livres tournois. Mais le même jour François-Hannibal d’Estrées déclare que cette acquisition avait été faite au profit d’un nommé Pierre Adée, conseiller et secrétaire du roi, qui déclare quand à lui le 1er septembre suivant que l’acquisition avait été faite au profit de Marc Cyrus de Brion, qui suit.

On ignore pourquoi l’aveu de 1656 est au nom de Symphorien Noël alors qu’il avait déjà vendu le fief à Marc-Cyrus de Brion.

Vente du fief de Banru par Simphorien Noël à François-Hannibal d’Estrées, 1655. Arch. Nat. R/4/131

On voit dans les registres paroissiaux de Montigny plusieurs naissances d’enfants illégitimes de Symphorien Noël : Jeanne Noël née le 30 septembre 1641 de Claude Lourson, et Simon Noël, né le 31 octobre 1654, fils illégitime de Marguerite Guyot, « fille ». Il est alors qualifié de « garçon non marié » et prend le surnom de « La Boue ».

Qu’advint-il ensuite de Symphorien Noël ? Un personnage du même nom, qui prend aussi le titre de « seigneur de la Boue », loue en 1674, « pour subvenir à ses affaires », la maison de la Tuilerie de Montgobert, qu’il habite, et les terres qui en dépendent, à un bourgeois parisien: Nicolas Desmezières (minutier de Blavet, notaire à Pierrefonds). On note alors que les terres attenantes appartiennent à Antoine Noël, « seigneur de la Boue ».

Marc Cyrus de Brion. Il présente ses foi et hommage le 15 mai 1656. On ne connait pas l’aveu et dénombrement correspondant mais on a de lui un aveu et dénombrement pour son fief de Banru mais aussi pour la seigneurie de Courtieux, la Vallée et Montigny, daté du 21 juillet 1677.

Comme cela a été dit plus haut, il ne s’agit pas de la même famille que la famille Brion qui avait possédé Banru au XVIème siècle. Marc Cyrus de Brion était le fils de Charles de Brion et de Jeanne de la Sangle. La région ne lui était pas inconnue puisque Charles de Brion possédait la seigneurie voisine de Hautefontaine depuis le début du XVIIè siècle et que Marc-Cyrus s’en était trouvé propriétaire par un échange fait avec son frère Jean de Brion le 6 avril 1646. A l’époque de l’acquisition de Banru, Marc-Cyrus de Brion prenait également le titre de vicomte de Courtieux, c’est à dire qu’il possédait le fief et seigneurie de « Courtieux, Montigny et la Vallée ».

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2 réflexions au sujet de « Anciens patronymes du Valois (épisode 3): noms de personnes à Montigny-Lengrain en 1578, selon le dénombrement du fief de Banru. »

  1. Avatar de zestful203b935ad3zestful203b935ad3

    Bonsoir ,

    Très intéressant, je fais de la généalogie et j’ai beaucoup de monde à Montigny-Lengrain, des Lourson, Cauchemez entre autres, et aux alentours. Je me rends régulièrement aux AD de Laon, les notaires apportent beaucoup d’informations. ainsi que d’autres documents.

    Bonne soirée

    Rémi Fauxbaton

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  2. Avatar de quekenborn dhannyquekenborn dhanny

    Bonjour, je suis tombé par chance sur votre exellente documentation, j’en possède un Ivann Antoine né vers 1786 a Saratov Russie, et décédé le 18 mai 1855 a Mont saint Adrien 60, il était marié le 2/10/1816 avec Roy ou Leroy marie anne juditte ou je cherche ; dont apparemment 8 enfants je vais verifié toutes ses notes merci pour votre travail

    Dhanny Quekenborn dixquek@gmail.com

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