Les Polonais de Napoléon dans l’Oise (1814-1825)

Cet article a été publié en 2014 dans le numéro 3 d’ Histoires du Valois, Bulletin de la Société d’Histoire et d’Archéologie du Valois. Il s’agit du bilan de recherches entreprises dès les années 1980 pour comprendre les circonstances d’établissement en France de mon ancêtre Amand Kokanosky, marié en 1819 dans la région de Soissons (Aisne). Les archives de l’Aisne ayant souffert des combats de la guerre de 1914-1918, il m’a fallu recourir au cas des polonais établis dans le département voisin de l’Oise pour parvenir à esquisser des réponses, et démontrer que son cas était loin d’être isolé.

Remerciements : merci à Emmanuelle, autrice du blog « Des gens d’avant » pour l’aide apportée dans la recherche systématique de polonais dans les recensements de 1872 dans l’Oise, ainsi qu’à Estelle et Franck.

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Dans les années qui suivent la chute de l’Empire napoléonien, les registres d’état civil du département de l’Oise font mention du mariage de plusieurs dizaines de Polonais, établis en France en 1814 et 1815. Ces Polonais étaient tous d’anciens militaires, engagés pendant les guerres napoléoniennes au service de la France ou des puissances étrangères (Russie, Autriche, Prusse). Cet article vise à synthétiser les recherches qui ont permis de mettre en lumière cette immigration jusqu’ici peu documentée, qui précède de plus de 15 ans la « Grande Immigration » de 1831 (1).

Introduction

A la fin du XVIIIe siècle, les partages successifs (1772, 1793, 1795) de la Pologne entre Russie, Autriche et Prusse font disparaître l’ancien royaume de Pologne de la carte de l’Europe politique. Les guerres napoléoniennes voient des dizaines de milliers de Polonais aller au combat : engagement massif aux côtés d’un Napoléon qui leur promet de restaurer l’ancienne Pologne (dont le 1er régiment de chevaux-léger de la Garde Impériale, cantonné à Chantilly), mais aussi dans les armées des puissances « occupantes » de la Pologne, qui combattaient Napoléon. La présence polonaise dans l’Oise à partir de 1814 est le résultat de cette situation géopolitique.

Au début de l’année 1815, plus de neuf mois après la chute de l’Empire, plusieurs correspondances entre des membres de l’état-major militaire français et le ministère de la guerre mentionnent le fait qu’un certain nombre d’officiers et soldats polonais qui, « au moment où leur corps ont quitté la France », se sont réfugiés dans les campagnes où ils se sont fait engager comme ouvriers agricoles, et espèrent s’établir en France et « rentrer au service de l’Empereur ». Combien étaient-ils dans ce cas ? Une lettre du 3 avril 1815 mentionne seulement « un nombre assez considérable » pour la seule 15ème division militaire, une autre évoque 600 officiers et soldats refusant de partir (2). Des instructions sont alors rapidement données pour les faire quitter les cultivateurs chez qui ils se sont engagés et les enjoindre à rejoindre Soissons, où s’organise un bataillon polonais. Les nombreux documents consultés à l’occasion de notre recherche montrent que cet appel ne reçut qu’un succès très partiel.

Localisation de Polonais mariés dans l’Oise (1814-1825)

Un an plus tard, la situation des déserteurs étrangers – et en particulier celle des Polonais – présents dans le seul département de l’Oise est illustrée par des correspondances entre le préfet, le Ministre de l’Intérieur et le Département de la Police Générale destinées à leur signaler « le nombre assez considérable de déserteurs étrangers » qui s’y trouvent. Cette correspondance est accompagnée d’une liste de 139 anciens militaires d’origine étrangère présents dans l’Oise à la fin du mois de mars 1816 (3) : parmi eux 73 Polonais (4), dont les blessures témoignent du parcours (5). Cela fait de la Pologne la nation la plus représentée, devant la Russie (44 Russes sont mentionnés) (6). Les mesures prises à l’égard de tous ces étrangers sont classiques, et comprennent notamment une surveillance renforcée, « afin de prévenir les excès auxquels la misère et le manque de travail auraient pu les porter » (7). Cette surveillance avait déjà abouti à l’expulsion de 57 autres anciens militaires à la fois vagabonds et sans travail, « ayant paru avoir une conduite notoirement dangereuse ». Ceux-ci furent donc renvoyés « au premier poste des troupes appartenant à leur nation ».

Les 139 déserteurs restants fournissent des répondants, reçoivent une autorisation provisoire (8) pour s’établir dans le département et y chercher du travail, charge à la gendarmerie locale de continuer à les surveiller.

La désertion

La découverte de cette liste de déserteurs datée de 1816 a permis de constituer une première liste de polonais présents dans l’Oise à cette époque, et de mener des recherches systématiques dans les registres de l’état civil, afin de savoir ce qu’il est advenu de chacun des déserteurs qu’elle mentionne. La recherche dans l’état civil a surtout permis de trouver, de fil en aiguille, certains documents complémentaires témoignant des conditions d’établissement dans le département des Polonais. Ces recherches ont été complétées par un ensemble de sondages supplémentaires dans l’état civil, par un dépouillement systématique de recensements et par l’utilisation d’un certain nombre de sources annexes, dont la base de données NAT des Archives Nationales (9).


L’ensemble de ces recherches a permis de recenser 78 Polonais établis dans l’Oise et mariés après 1814. 44 d’entre eux sont des Polonais cités sur la liste de 1816, auxquels il faut ajouter 2 individus qualifiés de « russes » en 1816 mais que leur acte de mariage qualifie de « polonais ». 2 Polonais mentionnés dans la liste de 1816 se sont mariés dans l’Oise avant 1814, et n’entrent donc pas dans le champ de notre étude.
De nombreux actes de mariage de Polonais font état d’individus ayant résidé en continu dans le département, depuis 1814 ou 1815, qui n’apparaissent pourtant pas dans la liste de 1816, même en opérant un certain nombre de recoupements rendus nécessaires par l’orthographe changeante des noms et des prénoms (10). Le titre de la liste mentionne qu’il s’agit d’une liste de déserteurs. Elle pourrait donc ne pas contenir le nom des anciens prisonniers de guerre polonais qui résidaient déjà dans le département avant 1814. Mais si la liste de 1816 en omet certains (11), elle en mentionne d’autres. On conclura donc que des noms ont été omis, soit involontairement, soit volontairement, pour des raisons qui nous échappent. A l’inverse, le nombre de Polonais mentionnés dans la liste de 1816 mais dont il n’a pu être retrouvé la moindre trace par la suite s’élève à 30 individus.

Un phénomène particulièrement important dans l’Oise

On peut donc considérer qu’il y avait dans l’Oise vers 1816 une centaine de réfugiés polonais, arrivés après la campagne de France de 1814. Comment comparer ce chiffre à celui d’autres départements ? A défaut de toute liste nominative et de recherche systématique pour d’autres départements que l’Oise, seule la base NAT des Archives Nationales donne un outil permettant une mesure objective de la situation de l’Oise par rapport aux autres départements. Cette comparaison montre que le phénomène est particulièrement important pour l’Oise, ce qui est logique puisque des troupes polonaises y ont été cantonnées, puisque des combats s’y sont déroulés, et enfin puisque l’Oise a fait l’objet d’une occupation après 1814 par les troupes russes, dans lesquelles de nombreux Polonais combattaient.

Les circonstances de la désertion

La très grande majorité des Polonais établis dans l’Oise en 1814 et 1815 sont de simples soldats. Seul un officier a été identifié (le major Radomski, établi à Fitz-James), ainsi que trois sous-officiers (un brigadier et deux maréchaux des logis provenant du premier régiment de chevau-léger de la Garde, cantonné à Chantilly). Malgré le peu d’indications sur le milieu social qui les a vu naître, ces soldats semblent d’extraction modeste : Stanislas Kraiewski, de Senlis, est le seul noble identifié (à son mariage il est dit « fils de noble Albert Kraiewski »). Les actes de mariages retrouvés mentionnent plutôt des parents journaliers (Chalamon), manouvriers (Nokeski), jardiniers (Hatifs) ; et parfois des classes un peu plus aisées : un meunier (Pepliski) ou un marchand drapier (Kaminski). Sans surprise, ils sont donc plutôt originaires de la campagne plutôt que des villes (8 viennent de Varsovie, 5 de Cracovie, 2 de Vilnius). Le taux d’alphabétisation est très faible: seuls dix soldats signent leurs actes de mariage, les autres déclarant à l’officier d’Etat-Civil ne pas savoir le faire.

Le vagabondage des premières années

Que s’est-t-il passé entre 1814, qui, nous le verrons, est l’année où la majorité des déserteurs polonais arrivent dans l’Oise, et le début de l’année 1816, où leur présence dans le département est officiellement autorisée ?

D’après quelques récits, la désertion semble être le départ d’une période de vagabondage, en quête d’un travail, ou plutôt d’un travail convenable. Ainsi le Polonais Joseph Polensky raconte au juge de paix de Crépy-en-Valois (12) son errance dans le Noyonnais, comme journalier : « (il) avait erré dans les environs de Noyon de village en village où souvent il avait travaillé à battre les grains ». Cette situation, qui touchait sans doute l’ensemble des déserteurs étrangers présents dans la région à cette époque, est corroborée par l’un des témoins et ami de Polensky, le dénommé Straka, originaire de Moravie, qui déclare avoir « parcouru différentes communes de la Picardie, où il avait eu occasion de voir le nommé Polensky ». Les déserteurs étrangers semblent être une proie facile pour les employeurs, qui ont tendance à les payer en-dessous des salaires pratiqués pour les ouvriers français. Le préfet de l’Oise en personne constate en 1816 qu’il « arrive quelquefois qu’on ne leur accorde qu’un trop faible salaire qui ne leur permet pas de pourvoir d’une manière suffisante aux besoins de première nécessité ». Pour prévenir tout excès auxquels ses salaires pourraient donner naissance « de la part de ceux qui en sont victime », et aussi parce que ces salaires sont « contraires à l’humanité », le préfet prend sa plume et s’adresse à l’ensemble des maires du département pour les enjoindre de veiller à ce que « la journée de travail des étrangers (…) ne puisse être moindre de celle que l’on accorde aux ouvriers français pour le même genre d’ouvrage ».

La solidarité entre déserteurs, qu’ils soient Polonais ou autres, et plus généralement la solidarité entre compatriotes déjà établis en France à cette époque, semble jouer un rôle majeur dans la recherche d’un travail convenable et stable. C’est à Straka que Polensky doit de s’être établi définitivement à Crépy-en-Valois. Il rapporte en effet « que rapproché de la commune de Bonneuil où il avait appris qu’elle renfermait plusieurs polonais il était venu s’y fixer dans l’espoir que ces derniers, ses compatriotes, le seconderaient à s’y procurer du travail, et à y vivre par conséquent plus facilement que dans les communes que jusque là il avait parcourues ». Ce que confirme et précise Straka, en déclarant que « il y a près de deux ans, se retrouvant à Blérancourt où il vit ledit Polensky il l’invita de venir demeurer à Bonneuil où il lui apprendrait son métier de scieur de long et lui procurerait de l’ouvrage; qu’il céda à cette invitation et vint à Bonneuil, où il demeure depuis cette date ».

Solidarité

Retrouver des compatriotes semble crucial pour ces polonais qui cherchent à s’établir définitivement. On compte sur l’aide de celui qui, plus chanceux, a pu trouver un travail stable et peut servir de relais. Les documents montrent que des réseaux se constituent. Outre Straka, Polensky fait comparaître devant le juge de paix deux autres Polonais, Cogesky et Markensky, établis à Crépy-en-Valois, qu’il fréquente régulièrement. Sans doute faisait-il également de ces « camarades polonais » de Marie Nokeski, de Duvy, dont il est question dans un document de 1817.


Dans la région de Chantilly et de Senlis, on retrouve les anciens chevau-légers polonais de la Garde Impériale, les uns comparaissant comme témoin aux mariages des autres, ou devant le juge de paix lorsqu’il est question de faire établir un acte de notoriété pour l’un de leurs compatriotes. La solidarité ne se limite pas à une solidarité entre compatriotes, c’est une aussi solidarité entre réfugiés, y compris si celui-ci était l’ennemi d’hier. Ainsi, parmi les témoins du Polonais russe Grégoire Vaciln-Nifflos devant le juge de paix de Maignelay figurent ainsi deux Russes (Istepon, de Tricot ; Semen, de Maignelay), un Polonais déserteur des armées françaises (l’ex-lancier Kaminski, de Ravenel) et un Morave (Coudlakchek, de Royaumont).

Tous les déserteurs n’eurent pas la chance de trouver un travail stable et de pouvoir s’établir définitivement dans un village. Nous avons déjà parlé du cas des 57 déserteurs expulsés à la fin de l’année 1815. On pourrait penser que la constitution de la liste de 1816, qui permet à chaque réfugié de fournir des répondants et de bénéficier d’une autorisation de résider dans le département de l’Oise, fige la situation. C’est effectivement le cas pour bon nombre des réfugiés qui se marient dans les mois et les années qui suivent dans le village où ils habitaient en 1816, ou dans un village voisin. D’autres perdent leur travail et se remettent en route, à la quête d’une autre occupation. Ainsi Pierre-Jacques Ivan, qui fait partie en 1816 de l’important groupe de Polonais établis à Carlepont, se marie ensuite à Jaulzy et Mathieu Petroski, de Tracy-le-Val, est localisé au milieu des années 1820 à Coeuvres, dans l’Aisne. Signe que les temps sont durs, Antoine Kusosky, présent à Ivry-le-Temple en 1816, est encore qualifié de « sans domicile fixe » lorsqu’il déclare la naissance de son fils devant l’officier d’Etat-Civil de Monneville en 1820. Parmi ceux qui doivent quitter leur commune de résidence assignée, les plus malchanceux sont arrêtés pour défaut de passeport par les brigades locales de gendarmerie. C’est le cas de Pierre Grégoire, qui avait obtenu en 1816 l’autorisation de résider à Agnetz. Ce Polonais russe est arrêté en juin 1818 par la brigade de Saint-Just qui note qu’il s’agit « d’un déserteur russe depuis trois ans, vagabondant, n’ayant pu trouver à s’occuper à Agnetz, où il est resté un an » et qui confie sa situation au préfet de l’Oise. Les plus chanceux trouvent temporairement un travail en dehors du département, comme Mikita Kusmin mentionné en août 1816 puis en 1818 à Condé sur l’Escaut (Nord), avant de revenir à Breuil-le-Vert, où il se marie en 1826 (13).

Intégration et vie en France

L’intégration complète des anciens militaires polonais dans la vie en France se fait par le mariage : ils se marient massivement puisque 78 actes de mariages de Polonais ont été trouvés dans les registres de l’état civil de l’Oise. En outre, ils se marient rapidement : la période 1815 à 1818 est la plus représentée. Ceux qui ne se marièrent pas sont sans doute très minoritaires : l’étude n’a permis d’identifier que trois Polonais qui eurent des enfants et vécurent maritalement sans passer devant le maire. Et aucun cas de célibataire n’a été identifié.

Mariages de Polonais dans l’Oise (1814-1825)

Pour se marier il fallait pourtant surmonter une difficulté de taille : être en mesure de présenter à l’officier de l’état civil une copie de son acte de baptême et la preuve du consentement de ses parents. Or la plupart des anciens militaires polonais présents dans le département n’ont aucun papier d’identité sur eux (14), et encore moins de preuve du consentement de leurs parents. Après des démarches toujours infructueuses pour se faire envoyer ces papiers, et pour pallier à l’absence de ces documents nécessaires, ils doivent se tourner vers le juge de paix de leur canton de résidence et faire établir un acte de notoriété, en présence de sept témoins. Nul doute que ces démarches administratives ont retardé pendant de nombreux mois le mariage de plusieurs d’entre eux et que la durée moyenne de vie en France avant le mariage aurait été diminuée d’autant sans ces complications administratives (15).

La recherche de ces actes de notoriété a été systématique : plus riches que l’Etat-Civil sur les conditions d’établissement en France des Polonais de Napoléon, ils renseignent également parfois sur le pays qu’ils servaient et leur régiment d’origine (16). 38 actes de notoriété ont été retrouvés. Ils évoquent bien sûr tous la difficulté d’obtenir les documents requis pour se marier, en raison de l’éloignement de leur pays natal et des difficultés de communication. En 1815, Joseph Constantin Richard, ancien lancier polonais établi à la Neuville-en-Hez, évoque les difficultés liées à « l’occupation de la France par les armées alliées » qui rend « les communications extrêmement difficiles en ce moment avec la Pologne ». Difficile de se faire aider, comme Jean Srzezepanski et Christophe Wiewanne, qui avouent tous deux au juge de paix de Clermont leur « peu de connaissance de la langue française » et des « moyens de communication », et soulignent « le retard que toutes ces démarches occasionneraient ». Hors de question de faire le voyage pour obtenir les précieux certificats : Joseph Constantin Richard est « sans fortune et hors d’état de faire un voyage dans son pays natal ». Mais surtout, il risque gros en tentant de rentrer en Pologne : considéré comme un déserteur il sait qu’il ne « pourrait s’y rendre sans danger » et « sans courir le risque de ne plus pouvoir revenir en France ». Voyage qui de toute façon pourrait s’avérer inutile : Stanislas Auguste Kraiewski, ancien maréchal des logis vaguemestre des chevau-légers de la garde impériale, originaire de Varsovie, et dont « la connaissance des langues allemande et russe a permis de rendre service à la municipalité de Senlis, en tant qu’interprète » croit savoir « que par suite des guerres qui eurent lieu en Pologne les registres d’Etat Civil ont été incendiés ».


L’intégration en France

Les craintes évoquées dans les correspondances du préfet en 1816 se révèlent en partie infondées : les états mensuels de la population étrangère en résidence dans l’Oise font apparaître que les anciens militaires polonais se sont très rapidement intégrés et ne sont la cause d’aucun trouble à l’ordre public. Ainsi le préfet écrit en avril 1824 que la plupart des étrangers qui figurent sur l’état mensuel « ne sont que des déserteurs ou des prisonniers de guerre qui sont restés en France, ou des ouvriers travaillant dans les fabriques et manufactures du département ». Il ne semble même plus qu’il faille les considérer réellement comme des étrangers puisqu’à l’avenir « ne seront plus considérés comme étrangers les individus des diverses nations qui se sont mariés en France avec des françaises, ou qui n’étant pas mariés y exercent une profession depuis plus de 10 ans ». Le sous-préfet de Senlis note qu’ils sont pour la plupart mariés, ont des enfants, et « se regardent comme naturalisés ou identifiés dans les communes où ils se sont établis ». Il se demande donc par conséquent s’il doit « continuer à faire figurer un état ces anciens prisonniers de guerre ou déserteurs ». Il semble d’ailleurs que les maires aient largement anticipé cette règle puisque les états de l’année 1824 ne mentionnent qu’une faible partie des Polonais établis dans le département (17). Si ces étrangers « se regardent comme naturalisés », il semble cependant que très peu d’entre eux aient entrepris des démarches dans le but de se faire réellement naturaliser : la base NAT des Archives Nationales ne recense que 5 demandes de naturalisations émanant d’anciens soldats polonais établis dans l’Oise en 1814 ou 1815 (18). Et sur ces 5 demandes, 2 proviennent de soldats qui ont reçu la Légion d’Honneur et pour lesquels la naturalisation leur semble être une condition nécessaire pour le versement de la pension relative à cette récompense (19).

Nous avons mentionné les craintes pour l’ordre public inspirées par l’établissement dans l’Oise après 1814 de déserteurs étrangers. Le seul cas de délinquance mentionné dans les correspondances relatives aux états mensuels de la population étrangère concerne un certain Panase, « qui s’est fixé à Bouillant, canton de Crépy, depuis quelques mois et qui a subi une condamnation correctionnelle pour vol ». Et si ce cas est évoqué, c’est pour souligner qu’ « aucune plainte n’est parvenue sur les autres, ce qui prouverait qu’ils se conduisent bien ». Ce n’est d’ailleurs pas exactement le cas puisque d’autres sources d’archives font état des déboires de deux autres Polonais, Godichart et Broniski, condamnés pour vol. Ces déboires sont de bien mauvaises affaires pour ces anciens militaires, toujours étroitement surveillés. A sa sortie de la maison centrale de Loos, où il a purgé une peine de 5 ans, Joseph Godichart, originaire d’une partie de la Pologne sous domination russe, échappe de peu à l’expulsion vers la Russie (20). Comme pour tous les condamnés étrangers, une feuille de route est préparée à l’expiration de sa peine, afin qu’il retourne, contraint et forcé, dans sa patrie. Par chance pour Godichart, il semble qu’en raison d’un changement de politique de l’ambassade russe vis-à-vis de ses ressortissants sortants des prisons françaises, cette feuille de route ne sera pas visée par l’ambassade de Russie, rendant l’expulsion impossible. Godichart pourra retourner vivre à Epineuse, où l’attendent sa femme et ses enfants, avec la contrainte d’une surveillance perpétuelle des autorités.

Conclusion

Cette recherche a donc permis d’évaluer l’ampleur, pour le département de l’Oise, du phénomène de présence polonaise sur notre sol à la chute de l’Empire napoléonien, en procédant au recensement et à localisation méthodique des « Polonais de Napoléon ». Nous espérons que ces recherches, qui seront à l’avenir complétées par le dépouillement de certaines archives militaires et par un travail sur la mémoire familiale (que reste t-il du souvenir de ces Polonais dans la mémoire des nombreuses familles, qui aujourd’hui encore, en descendent ?), ouvriront la voie à d’autres recherches sur ce thème.

Annexe 1 – Liste des polonais de Napoléon dans l’Oise

Ci-après figure la liste des 79 polonais dont l’acte de mariage a été retrouvé dans l’Oise. Je ne sais pas répondre à des questions d’ordre généalogique, relatives aux origines de ces personnes en Pologne. Néanmoins, Je suis intéressé par toute interprétation sur les noms de famille et les lieux d’origine mentionnés, qui ont souvent été déformés par les officiers de l’Etat Civil. Cela permettrait de bâtir une cartographie des lieux ou régions d’origine. Je suis également intéressé par toute « légende » familiale toujours connue des descendants de ces hommes. Dans certains cas, je peux fournir des détails supplémentaires, notamment quand un acte de notoriété ou un dossier de naturalisation (ou non-naturalisation) est indiqué comme retrouvé et photographié. Je suis intéressé par toute information biographique issue d’actes de notoriété ou de dossier de naturalisation (ou non-naturalisation) non consultés à ce jour.

A noter que l’annexe 2 propose une liste de polonais établis dans d’autres départements, pour lesquels aucune recherche systématique n’a été faite.

MINASSE François
Origine: Loubly en Pologne allemande
Marié le 20.09.1815 à Angy avec Laure VAUDREE
Décédé le 18.06.1861 à Bury
Acte de notoriété le 10.09.1815 à Mouy (acte retrouvé et photographié)
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

CHALAMON Grégoire
Origine: Perimy en Pologne Russe
Marié le 09.01.1821 à Auneuil avec Marguerite BERTIN
Acte de notoriété le 20.11.1820 à Auneuil (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Auneuil
Remarques: « russe polonais » qui habite à Auneuil depuis 1814.

GODICHART Joseph
Origine: Varsovie
Date de naissance: 1793
Profession: charretier
Marié le 01.06.1819 à Avrechy avec Marguerite DUVIVIER
Acte de notoriété le 30.08.1818 à Saint Just
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Catenoy

FERNAMBERT Joseph
Origine: Pillesqui en Lithuanie
Marié le 18.05.1815 à Beauvais avec Marie Cécile CHARLIER
Décédé le 09.04.1840 à Beauvais

SCHAKOSKY Frédéric
Régiment: 57ème régiment d’infanterie de ligne
Marié le 04.07.1816 à Beauvais avec Clotilde DUPUIS
Acte de notoriété le 30.09.1815 à Clermont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Beauvais

POLINSKY Joseph
Profession: manouvrier
Marié le 03.05.1818 à Bonneuil en Valois avec Marie Louise BOURGEOIS
Acte de notoriété le 05.01.1818 à Crépy

KIRILLE Yegor Maxime
Origine: Villonova près Vilna en Pologne
Date de naissance: 1789
Profession: ouvrier charretier
Marié le 20.04.1819 à Boran sur Oise avec Adélaïde ROY
Décédé le 29.09.1852 à Boran sur Oise
Acte de notoriété le 09.04.1819 à Neuilly en Thelle (acte retrouvé et photographié)

PEREMAN Jean
Origine: Varsovie
Date de naissance: 1793
Profession: tisserand, manouvrier
Marié le 03.06.1823 à Brétigny avec Marguerite Rose BOUILLON
Décédé le 23.01.1853 à Brétigny
Acte de notoriété le 28.04.1823 à Noyon
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

KUSMIN Nikita
Régiment: 48ème compagnie d’artillerie à pied polonaise (armée russe ?)
Origine: Wilna
Date de naissance: 03.1793
Profession: manouvrier
Marié le 24.08.1826 à Breuil le Vert avec Louise DEGRAVELLE
Décédé le 31.03.1850 à Clermont
Acte de notoriété le 01.10.1815 à Clermont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à

IWANOW Alexandre
Régiment: 3ème régiment d’éclaireurs de la Garde
Origine: Non mentionné
Date de naissance: 1789
Profession: domestique
Marié le 26.09.1815 à Bury avec Marie Madeleine DESCHAMPS
Acte de notoriété le 07.09.1815 à Mouy (acte retrouvé et photographié)

LOUTSOUK Ignace
Origine: Warkuc près Radomiez
Date de naissance: 1785
Profession: journalier
Marié le 08.09.1841 à Bury avec Marie Louise BLED
Décédé le 03.04.1861 à Bury
Acte de notoriété le 21.08.1841 à Mouy

POTOSKY André François
Marié le 05.06.1820 à Caisnes avec Marie Marguerite DEBRIE
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Caisnes
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

PROMINSKICQ Joseph
Régiment: Déserteur polonais
Origine: Kinsova
Date de naissance: 1789
Marié le 27.03.1819 à Canly avec Marie Marguerite LECLERC
Décédé le 11.01.1858 à Canly
Acte de notoriété le 14.03.1819 à Estrées St Denis (acte retrouvé et photographié)

BISISKY Jean François
Marié le 23.01.1828 à Carlepont avec Marie Anne VASSEUR

JALOWITCH Jean
Marié le 03.12.1817 à Carlepont avec Maxence Honorine VASSEUR
Décédé le 25.01.1842 à Carlepont
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

PAVLOW Joseph
Régiment: Infanterie
Origine: Varsovie
Date de naissance: juin 1790
Profession: tisserand / scieur de long
Marié le 26.06.1818 à Carlepont avec Marie Elisabeth RIGAUX
Acte de notoriété le 04.06.1818 à Ribécourt (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Cuts

SIMON Françis
Régiment: Infanterie
Origine: Sauve près de Vitipsk en Pologne Russe
Date de naissance: 1788
Profession: manouvrier / tisseur
Marié le 19.06.1818 à Carlepont avec Marie Geneviève VASSEUR
Décédé le 16.07.1868 à Carlepont
Acte de notoriété le 04.06.1818 à Ribécourt (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Carlepont
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

STOPANE Mathieu
Régiment: Infanterie
Origine: Loukachi près de Miska, en Pologne Russe
Date de naissance: 1784
Profession: manouvrier / charretier
Marié le 13.02.1818 à Carlepont avec Julie Constance NOE
Décédé le 21.12.1862 à Carlepont
Acte de notoriété le 04.06.1818 à Ribécourt (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Carlepont

PAVOSKY Joseph
Régiment: A servi 4 ans en France : 2ème régiment de lanciers polonais puis infanterie
Origine: Slevards, grand duché de Varsovie
Date de naissance: 1793
Profession: ouvrier tisserand à la manufacture de coton de St Vincent de Senlis
Marié le 19.12.1815 à Chamant avec Henriette LEFORT
Acte de notoriété le 02.12.1815 à Senlis (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Senlis
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

KEIRE ACCENIKOW Jean
Régiment: Militaire russe
Origine: Parnapula en Pologne
Date de naissance: 1785
Profession: ouvrier tuilier
Marié le 16.05.1837 à Chambly avec Marie Catherine FOURNIER
Décédé le 31.07.1873 à Chambly
Acte de notoriété le 24.02.1837 à Chambly (acte retrouvé et photographié)

BRONISKI François
Régiment: 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde Impériale
Origine: Kivols département de Kovalts en Pologne
Date de naissance: 1790
Profession: tisserand
Marié le 16.08.1817 à Chantilly avec Anne Rosalie BIZIANNE
Acte de notoriété le 14.04.1817 à Creil
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

JEDWCIESKI Jean
Régiment: 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde Impériale
Origine: Konasjovo, gouvernement de Posen
Date de naissance: 1781
Profession: tisserand
Marié le 29.11.1815 à Chantilly avec Geneviève Marguerite
Acte de notoriété le 11.02.1815 à Creil

EVAN Michel
Origine: Warchennes en Pologne
Date de naissance: 1796
Profession: charretier
Marié le 25.05.1819 à Chaumont avec Elisabeth SAINT DENIS
Décédé le 16.12.1873 à Chaumont
Acte de notoriété le Date non mentionnée à
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

SREZEPANSKI Jean
Origine: Pologne autrichienne dite Galicie
Date de naissance: 1786
Profession: homme de confiance
Marié le 18.10.1814 à Clermont avec Armande Augustine LETELLIER
Acte de notoriété le 05.10.1814 à Clermont (acte retrouvé et photographié)

WIEVANNE André Christophe
Origine: Bérosse, département de Wilno, pologne russe
Date de naissance: 1793
Profession: manouvrier
Marié le 15.09.1815 à Clermont avec Marie Louise DEMONCHY
Acte de notoriété le 30.08.1815 à Clermont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Verberie

KLIESKI Stanislas
Origine: Pivonne
Date de naissance: 07.05.1789
Profession: domestique
Marié le 28.01.1819 à Compiègne avec Charlotte Sophie DESAINT
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

JEAN Joseph
Date de naissance: 1795
Profession: charpentier
Marié le 17.05.1821 à Courcelles les Gisors avec Marie Geneviève DROUARD
Acte de notoriété le 28.10.1819 à Chaumont (acte retrouvé et photographié)
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

BRICK Jean Joseph
Origine: Cracovie
Date de naissance: 1791
Profession: journalier
Marié le 16.11.1837 à Courcelles les Gisors avec Madeleine Victorine GILLES
Décédé le 11.09.1866 à Courcelles les Gisors
Acte de notoriété le Date non mentionnée à
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

VACILN NIFFLOS Grégoire
Origine: Potelin près Smolesnko en Russie polonaise
Date de naissance: 1791
Marié le 29.01.1817 à Domfront avec Maxence CAUBERT
Décédé le 10.08.1866 à Domfront
Acte de notoriété le 24.07.1816 à Maignelay
Mentionné sur la liste de 1816

NOKESKI Marie
Régiment: 1er régiment de lanciers (Vistule ?)
Origine: Vronfonwel en Pologne Russe
Date de naissance: 05.06.1790
Profession: manouvrier
Marié le 07.09.1818 à Duvy avec Victoire Adélaïde DEVIMEUX
Décédé le 02.11.1841 à Duvy
Acte de notoriété le 11.04.1817 à Crépy (acte retrouvé et photographié)
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

HATIFV Alexis Jean
Origine: Andrésu en Pologne, demeurant à Agnetz
Date de naissance: 1794
Marié le 21.06.1815 à Etouy avec Julie Adélaïde Flore PROTHAIS
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Etouy

RADOMSKI Charles Mathieu
Régiment: Major dans la garde d’honneur. Major à la suite du 4ème régiment de la légion de la Vistule.
Origine: Nieszwisk en Lithuanie
Date de naissance: 04.11.1771
Profession: militaire
Marié le 29.03.1814 à Fitz-James avec Félicité LE BRASSEUR

KLINUSKI Thomas
Origine: Bresevent en Pologne autrichienne
Date de naissance: 1782
Profession: charretier
Marié le 27.09.1815 à Fouilloy avec Marie Pélagie GAMARD
Décédé le 16.11.1824 à Campeaux

BAYENSKY Louis
Origine: Calis en Pologne Russe
Date de naissance: 1796
Profession: manouvrier
Marié le 24.11.1824 à Fulaines avec Marie Anne Célestine LHOTE
Décédé le 23.02.1829 à Mareuil sur Ourcq
Acte de notoriété le 13.06.1824 à Betz

WASSEL André
Origine: Lauzanvans près de Valadolique dans la Pologne Russe
Date de naissance: 1789
Profession: manouvrier
Marié le 16.07.1818 à Goincourt avec Marie Rosalie TASSART
Décédé le 16.01.1840 à Goincourt
Acte de notoriété le 19.06.1818 à Beauvais
Mentionné sur la liste de 1816

PEPLISKY Joseph
Origine: Varsovie
Date de naissance: 1789
Profession: charretier
Marié le 19.11.1817 à Gournay sur Aronde avec Marie Adélaïde RAMBUR
Décédé le 06.09.1864 à Bienville
Acte de notoriété le 08.11.1817 à Ressons

RAIMOUSE Joseph
Origine: Coulitzi près Posen en Pologne
Date de naissance: 1787
Profession: charretier
Marié le 30.10.1822 à Gournay sur Aronde avec Marie Louise LEBLOND
Décédé le 20.01.1862 à Gournay sur Aronde
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Moyenneville
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

IVANNE Pierre Jacques
Origine: Minsk en Pologne Russe
Date de naissance: 1788
Profession: cordonnier
Marié le 21.07.1818 à Jaulzy avec Marie Angélique CRETE
Décédé le 03.12.1844 à Jaulzy
Acte de notoriété le 02.07.1818 à Attichy (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Carlepont
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

YVANN Panase
Origine: Varsovie
Date de naissance: 1771
Profession: journalier
Marié le 25.01.1817 à La Chapelle Saint Pierre avec Marie LOUE
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Dieudonné
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

ASTAP Evan
Origine: Vilna
Date de naissance: 1788
Profession: domestique
Marié le 21.11.1821 à La Houssoye avec Marie Madeleine Pélagie ABLIN
Décédé le 27.02.1839 à La Houssoye
Acte de notoriété le 09.11.1821 à Auneuil (acte retrouvé et photographié)
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

FRASSART André
Origine: Méserie près Varsovie
Date de naissance: 1793
Profession: manouvrier
Marié le 19.02.1819 à Laboissière avec Marie Madeleine TAVEAUX
Acte de notoriété le 24.01.1819 à Noailles

EVANESSE André Grégoire
Origine: Illisible
Date de naissance: 1792
Marié le 07.02.1816 à Lachaussée du Bois d’Ecu avec Flore Victoire DEMARSEILLE
Mentionné sur la liste de 1816

THERENTY Alexandre
Régiment: Déserteur polonais
Origine: Nigeni / Nigem
Date de naissance: 1794
Profession: journalier
Marié le 02.04.1820 à Lalande en Son avec Marie Angélique GILLES
Décédé le 14.09.1842 à Lalande en Son
Acte de notoriété le 26.02.1817 à Le Coudray St Germer
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Saint Pierre es Champs
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

SABALOFF Joseph
Origine: Schienola
Date de naissance: 1793
Marié le 14.08.1816 à La Neuville en Hez avec Marie Anne DENORROY
Décédé le 14.03.1850 à La Neuville en Hez
Acte de notoriété le 07.08.1816 à Clermont

GREGOIRE Pierre Joseph
Origine: Kerikien près de Varsovie
Date de naissance: 1787
Marié le 16.03.1819 à Le Plessier sur Saint Just avec Marie Victoire CHOQUET
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Pronleroy

RADIGONNE Alexandre
Origine: Pologne russe
Date de naissance: 1794
Profession: manouvrier
Marié le 11.01.1821 à Le Vauroux avec Marie Marguerite DELARUE
Acte de notoriété le 03.05.1818 à Auneuil
Mentionné sur la liste de 1816

POLASKY André
Origine: Loumarek, gouvernement de Varsovie
Date de naissance: 21.12.1788
Profession: ouvrier lamineur
Marié le 08.11.1817 à Liancourt avec Benoîte MIRGUET
Décédé le 26.06.1853 à Montataire
Acte de notoriété le 10.10.1817 à Creil

SCEL Mathieu
Régiment: 14ème de ligne
Marié le 15.04.1821 à Liancourt Saint Pierre avec Geneviève Maxence SERET
Acte de notoriété le 16.02.1822 à Chaumont
Mentionné sur la liste de 1816

BOUSLET André
Régiment: Déserteur d’un régiment d’infanterie russe dans lequel il était canonnier
Origine: Ekimbourg
Date de naissance: xx/11/1788
Marié le 15.07.1816 à Litz avec Marie Marguerite DEBEAUPUIS
Décédé le 27.04.1866 à Clermont
Acte de notoriété le 30.06.1816 à Clermont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Litz
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

VIDKOSKI Joseph
Origine: Westphalie, Prusse
Date de naissance: 1783
Profession: manouvrier
Marié le 19.06.1827 à Margny-sur-Matz avec Marie Madeleine GUEUDET
Décédé le 22.10.1867 à Margny-sur-Matz
Mentionné sur la liste de 1816

KUSOSKY Antoine
Régiment: déserteur polonais
Origine: Hompis
Date de naissance: 1799
Profession: charretier / journalier / domestique
Marié le 16.12.1820 à Marquemont avec Marie Clotile PETIT
Décédé le 02.05.1845 à Marquemont
Acte de notoriété le 03.11.1819 à Méru
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Ivry le Temple
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants (dossier retrouvé et photographié)

KAMSOLOW
Marié le à Monceaux l’Abbaye avec
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

SCHLOSKI Jean
Origine: Meukoski en Podolie
Profession: domestique
Marié le 02.03.1818 à Montagny-Sainte-Félicité avec Henriette CORROY
Mentionné sur la liste de 1816

PIKOVIST Joseph
Régiment: déserteur polonais
Origine: Cracovie
Date de naissance: 1783
Profession: domestique
Marié le 28.02.1821 à Montmartin avec Henriette LEFEBVRE
Acte de notoriété le 21.02.1821 à Estrées St Denis
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à

BIERNAIF Michel
Régiment: déserteur polonais
Origine: Vacové
Date de naissance: 1795
Profession: charretier
Marié le 29.11.1820 à Monts avec Marie Constance LEGRAND
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Ivry le Temple
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

POLY Jean
Régiment: armée autrichienne
Origine: Wilneufs
Date de naissance: 1789
Profession: charretier
Marié le 23.10.1815 à Mortefontaine avec Jeanne Madeleine FRENOT
Acte de notoriété le 17.07.1815 à Clermont (acte retrouvé et photographié)

REDIVONNE Frédéric
Régiment: déserteur polonais de l’armée russe
Origine: Dragenau dans le Palatinat de Poloczk (Pologne Russe)
Date de naissance: 1792
Profession: fileur
Marié le 04.10.1817 à Moyenneville avec Marie Françoise DUPONT
Décédé le 05.09.1833 à Moyenneville
Acte de notoriété le 20.09.1817 à Saint Just
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Carlepont
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

MAKAR Dobinet
Date de naissance: 1792
Profession: domestique
Marié le 12.06.1822 à Moyvillers avec Marie Madeleine BARBIER
Décédé le 28.06.1871 à Catenoy
Acte de notoriété le Date non mentionnée à Estrées St Denis
Mentionné sur la liste de 1816

KATOSSKY Nicolas
Régiment: lanciers (Vistule ?)
Origine: environs de Cracovie
Date de naissance: avril 1790
Profession: tailleur d’habits
Marié le 30.01.1818 à Ognon avec Catherine Antoinette ROZE
Décédé le 05.08.1863 à Ognon
Acte de notoriété le 20.01.1818 à Senlis (acte retrouvé et photographié)
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

BARASQUI Jacques/Jacob
Origine: Piascaine
Date de naissance: 09.1794
Profession: maréchal expert
Marié le 01.10.1818 à Ons en Bray avec Pélagie BERTIN
Acte de notoriété le 14.12.1817 à Chaumont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à

OSDENLKEM Siméon
Origine: Ysehletz près Vilna en Pologne
Date de naissance: 1786
Profession: manouvrier
Marié le 25.06.1816 à Oroer avec Marguerite DEFRANCE
Décédé le 24.10.1861 à Oroer
Acte de notoriété le 16.06.1816 à Nivilliers (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816

RICHARD Joseph Constantin
Régiment: 13ème régiment de lanciers
Profession: manouvrier
Marié le 09.07.1816 à Pronleroy avec Marie Adélaïde BOUCHER
Acte de notoriété le 04.10.1815 à Clermont (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à

KAMINSKI Nicolas Martial
Régiment: maréchal des logis
Origine: Cracovie
Date de naissance: 29.11.1792
Profession: domestique
Marié le 19.02.1828 à Ravenel avec Julie ROY
Mentionné sur la liste de 1816

DOMBROZE Joseph
Marié le 18.01.1816 à Ricquebourg avec Marie Catherine BAUGY
Mentionné sur la liste de 1816

YVANCE André
Régiment: armée russe
Marié le 22.01.1821 à Sacy le Grand avec Adèle Marie Anne RECULLEZ
Décédé le 13.02.1860 à Catenoy
Acte de notoriété le 12.05.1821 à Liancourt
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

TINISKY Joseph
Date de naissance: 1773
Marié le 18.01.1815 à Saint Maximin avec Victoire Elisabeth DACHEUX

SCHMENKO Lavry
Date de naissance: 1780
Marié le 28.03.1816 à Saint Omer avec Marie Agnès PIERRET
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

LUTZEN Nicolas
Régiment: Infanterie polonaise
Origine: Russie
Date de naissance: 1791
Profession: garçon meunier
Marié le 30.07.1822 à Saint Pierre es Champs avec Marie Adélaïde GOBERVILLE
Décédé le 15.06.1846 à Saint Pierre es Champs
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Saint Pierre es Champs

KRAIEWSKI Stanislas Auguste
Régiment: 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde Impériale / maréchal des logis chef vaguemestre
Origine: Varsovie
Date de naissance: 19.07.1772
Profession: employé à la municipalité de Senlis
Marié le 17.02.1819 à Senlis avec Marie Caroline LESCHEVIN
Acte de notoriété le 31.01.1819 à Senlis (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Senlis
Existence d’un dossier de naturalisation pour cette personne

MAXIMIN Siméon
Origine: Voramsal à vingt cinq lieues de Wlodina en Pologne
Date de naissance: 1792
Profession: domestique
Marié le 23.10.1816 à Sommereux avec Marie Anne Florentine PERDU
Acte de notoriété le 07.10.1816 à Grandvilliers
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Hétomesnil ?

PRECIAGENOUK Hivan
Date de naissance: 1789
Profession: Ordenkey
Marié le 05.08.1817 à Sommereux avec

SARSOUCK Conrad
Origine: Waleze
Date de naissance: 1783
Marié le 11.02.1818 à St Léger aux Bois avec Marie Marguerite HENRIETTE
Décédé le 22.09.1856 à Tracy le Mont
Acte de notoriété le 20.01.1818 à Ribécourt (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Saint-Léger-aux Bois

ISTEPON Evanne
Origine: Cracovie en Pologne russe
Date de naissance: 1786
Marié le 25.06.1816 à Tricot avec Marie Véronique GREVIN
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Tricot

MARAZANO Vacile
Date de naissance: 1789
Profession: manouvrier
Marié le 24.01.1816 à Troussencourt avec Marie Romaine GUEUDET
Décédé le 15.10.1860 à Troussencourt
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Troussencourt

YEMELLIAN François
Date de naissance: 1790
Marié le 24.02.1819 à Varesnes avec Marie Catherine DUVIVIER
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

VACILLE Théophile
Origine: Jabloniewska, district de Kamie Odolski
Date de naissance: 1791
Profession: journalier
Marié le 16.07.1816 à Viefvillers avec
Acte de notoriété le 19.05.1816 à Crévecoeur (acte retrouvé et photographié)
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Viefvillers

VASILIOVSKY Joseph
Origine: Varsovie
Date de naissance: 23.08.1780
Profession: ouvrier peigneur de laine
Marié le 30.06.1819 à Vineuil St Firmin avec Marie Reine Victoire LANGLET
Acte de notoriété à Senlis
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

RIDLEWSKY Jean
Régiment: 1er régiment de chevau-légers lanciers de la Garde Impériale / brigadier / a obtenu un congé
Origine: Varsovie
Date de naissance: 05.1781
Profession: manouvrier
Marié le 21.11.1815 à Vineuil St Firmin avec Prudente ROGER
Décédé le 28.02.1842 à Chantilly
Acte de notoriété le 15.10.1815 à Senlis (acte retrouvé et photographié)

MILTRICHT Cyril
Marié le 01.01.1816 à Warluis avec Marie Catherine REGNIER
Mentionné sur la liste de 1816, domicilié à Warluis
Existence d’un dossier de non-naturalisation pour cette personne ou ses descendants

Annexe 2 – Liste de polonais mariés dans d’autres départements entre 1814 et 1830

Aisne (23 personnes)

François Paul BOROSKY, marié le 9 avril 1817 à Lesges
Antoine BOSTOCK, marié le 4 mai 1815 à Braine
Nicolas Jean Marie DUBROSKI, marié le 12 décembre 1820 à Juvigny
André ELLINE, marié le 8 novembre 1820 à Longpont
Basile HUPERT, marié le 11 février 1819 à Chéry-les-Pouilly
Jean JABLONOCASKI, marié le 14 avril 1821 à Manicamp
André JASINSKI, marié le 5 mars 1821 à Berrieux
Jean JIELINSKI, marié le 12 novembre 1817 à Soissons
Onésime JOKOWSKI, marié le 30 mars 1843 à Lemé
André KARARESK, marié le 13 juin 1821 à Pargny-Filain
Amand KOKANOSKY, marié le 24 février 1819 à Breuil
Valentin KOURSKI, marié le 02 juin 1824 à Gronard
Alexis KUSMITZ, marié le 8 mai 1816 à Housset
Zacharie LEBEDIO, marié le 3 janvier 1821 à Barzy-en-Thiérache
Théodore LEICHTECK, marié le 2 mars 1825 à Hamégicourt
Jean LUTINSKI, marié le 2 décembre 1818 à Prouvais
Gabriel André MASLOSKY, marié le 4 décembre 1816 à Vervins
Joseph ROBINSKY, marié le 15 octobre 1822 à Maast-et-Violaine
Rémy Grégor RUMCHAN, marié le 25 juin 1817 à Lesges
Grégoriste SACOW, marié le 30 janvier 1821 à Saint-Aubin
Jean SAVISKY, marié le 20 novembre 1816 à Neuville-sous-Margival
Paul SCHOTKOSSKY, marié le 19 avril 1815 à Froidmont-Cohartille
Jacques ZABLOSKI, marié le 22 août 1814 à Tavaux-et-Pontséricourt

Eure (1 personne)

Jérémie LOSAK, marié le 25 janvier 1820 à Saint-André-de-l’Eure (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)

Sarthe (1 personne)

Jean Chrisostome VANSOWSKY, marié le 18.12.1821 au Mans (pas d’acte de notoriété)

Seine-Maritime (1 personne)

Martin VASLORSKI, marié le 17 février 1814 à Auzouville l’Esneval (acte de notoriété)

Seine-et-Marne (16 personnes)

Etienne CALAIS ou KALAIS, marié le 21 février 1819 à Vilbert (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Jean CHRUCHOWSKI, marié le 8 janvier 1816 à Melun (acte de notoriété)
Grégoire EVANOF, marié le 26 novembre 1818 à Bussy-Saint-Georges (dossier de non-naturalisation)
Joseph DARNOSKY, marié le 27 décembre 1815 à Chauconin
Jacob DOMBROWSKY, marié le 21 novembre 1818 à la Ferté-sous-Jouarre
Wilhelm DOMBROWSKY, marié le 4 novembre 1818 à Melun (acte de notoriété)
Maurice Lazare DOROFEW, marié le 16 juin 1818 à Chambry (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation
André Elie GEDAGASK, marié le 22 octobre 1822 à Valence-en-Brie (acte de notoriété)
François HYACOMBLE, publication de bans le 7 juin 1818 à Villevaudé (dossier de non-naturalisation)
Jacob LAVISQUI, marié le 3 février 1818 à Montigny-Lencoup (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Paul MELNIKOFF, marié le 23 juin 1814 à Presles-en-Brie (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
François TAMOULIN, marié le 17 octobre 1821 à Noisy-Rudignon (acte de notoriété)
Alexis Théodore THOMAS, marié le 2 décembre 1817 à Villeneuve-les-Bordes (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Thomas VASSET, marié le 4 août 1824 à Villeneuve-le-Comte (acte de notoriété)
Jean WAVRESKY, marié le 17 septembre 1817 à Jouy-le-Châtel (dossier de non-naturalisation)
Nicolas YVONNET, marié le 12 août 1817 à Saint-Cyr-sur-Morin (acte de notoriété)

Seine-Saint-Denis (1 personne)

Dominique SERENIK, marié le 13 novembre 1819 à Saint-Denis (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)

Val d’Oise (8 personnes)

Joseph CELESKI, marié le 30 septembre 1817 à Groslay (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Michel CHIPMONT, marié le 6 février 1826 à Béthemont-la-Forêt (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Pierre COUDRON, marié le 4 février 1822 à Méry-sur-Oise (dossier de non-naturalisation)
Joseph JUKOSKI, marié le 14 octobre 1822 à Belloy-en-France
Basile KLAPSKINOSKI, marié le 26 février 1821 à Maudétour-en-Vexin (acte de notoriété)
François KRASENSKY, marié le 22 avril 1817 à Montlignon (acte de notoriété)
Isidore LASKOSKI, marié le 3 février 1823 à Chaumont (acte de notoriété)
Etienne RUDNICKI, marié le 18 janvier 1829 à Saint-Gratien (acte de notoriété)

Yvelines (9 personnes)

Paul BAGDATCHE, marié le 7 septembre 1822 à Viroflay
François BARON, marié le 12 juillet 1817 à Voisin-le-Bretonneux (acte de notoriété)
Charles CHAPAUVA, marié le 4 février 1818 à Maule (acte de notoriété)
Siméon CHEN, marié le 4 mai 1818 à la Celle les Bordes (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Isidore GUIMARD, marié le 13 mai 1820 à Gif-sur-Yvette (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Antoine PELEPTCHOUX, marié le 21 février 1821 à Bazemont (acte de notoriété, dossier de non-naturalisation)
Casimir SACAVIN, marié le 5 mai 1822 à Orvilliers (acte de notoriété)
Jean SINKIEWIEZ, marié le 29 novembre 1820 à Aubergenville (acte de notoriété)
Joseph TERNASKY, marié le 25 novembre 1818 à La Celle les Bordes (acte de notoriété)

NOTES

(1) A partir de 1831, plusieurs milliers de Polonais se réfugient en France pour fuir la répression russe de l’insurrection de 1830-1831.
(2) Service Historique de l’Armée de Terre, Vincennes, X1a.
(3) Arch. Nat. F7 9798, liasse Oise, liste intitulée « Registre des déserteurs étrangers existants dans le département de l’Oise à l’époque du 25 mars 1816 », qui recense tous les déserteurs étrangers ayant obtenu l’autorisation de résider dans le département, autorisations accordées entre le 15 janvier et le 24 mars 1816.
(4) Ont été considérés pour notre étude tous les individus qui se disent, dans un document ou un autre, Polonais ou né en Pologne. La liste de 1816 contient plusieurs déserteurs qui sont dits « russes » mais que d’autres documents disent « polonais ». Ces Polonais, qui sont soit nés dans des parties de Pologne sous domination russe, soit combattaient dans l’armée russe, ont été intégrés dans le champ de l’étude.
(5) Ainsi Lavry Schmenko, de Saint-Omer-en-Chaussée a une blessure de balle au poignet gauche ; Mathieu Chlapinski, de Montjavoult, est blessé au pied, à la jambe et à la cuisse ; Michel Simon, de Béthisy-Saint-Martin, a une forte blessure au front.
(6) Les Polonais et les Russes sont donc très largement majoritaires. Parmi les autres nationalités représentées, des Autrichiens, des Allemands, des Espagnols, des Hongrois, des Brabançons, des Belges et des Anglais.
(7) Dans le département voisin de l’Eure, des correspondances de 1805 évoquent déjà les craintes liées au comportement des déserteurs étrangers. Ces déserteurs sont accusés d’être « des fainéants, des ivrognes, des indolents, des voleurs » et de se répandre « dans les campagnes où ils se font délivrer de force du pain et du cidre ». Voir Arch. Nat. F9/137.
(8) Un exemplaire de cette autorisation a été retrouvé dans le dossier de demande de certificat de non-naturalisation de la famille Ivan : parmi les pièces justificatives figure le certificat (signé par le capitaine commandant la gendarmerie royale du département de l’Oise, en vertu d’une autorisation du préfet) attribuée au soldat russe Casimir Ivan, établi à Ivors. Arch. Dep. Oise MpXXXX/X.
(9) La base NAT des Archives Nationales couvre notamment, pour la période 1814-1854 les demandes de naturalisations, les demandes d’autorisation de fixer son domicile en France et les demandes de certificats de non-naturalisations.
(10) C’est ainsi que Vacile Troquem (n°139 de la liste), de Viefvillers, se marie quatre mois plus tard sous le nom de Théophile Vacille, à Viefvillers. Le juge de paix qui rédige un acte de notoriété en sa faveur, quelques jours avant le mariage, précise d’ailleurs que le « nommé Trouquem Vacile » qui a obtenu « une autorisation de rester dans la commune de Viefvillers », « est le même individu que Théophile Vacile ». De même, il faut reconnaître en Cousmane Miquette (n°30) Mikita Kusmin, dont l’acte de décès nous apprend qu’il était effectivement surnommé « Niquette ».
(11) Le nombre de ces anciens prisonniers de guerre, présents dans l’Oise avant 1814, semble très inférieur au nombre de Polonais arrivés en 1814 et 1815: seuls 6 mariages de Polonais ont été recensés dans l’Oise entre 1800 et 1814.
(12) Arch. Dep. Oise, justice de paix de Crépy-en-Valois, série 4Up
(13) Le parcours de Kusmin est étonnant : déserteur des armées russes établi à Breuil-le-Vert, il fait établir un acte de notoriété à Clermont en octobre 1815 en déclarant avoir l’intention de se marier. Mais aucun mariage correspondant n’a été retrouvé dans les semaines ou mois qui suivent. Il reçoit début 1816 l’autorisation de résider à Breuil-le-Vert. Le 1er août 1816, il comparaît avec quinze jours de retard devant l’Officier d’état civil de Condé-sur-l’Escaut (Nord) pour déclarer l’enfant qu’il a eu le 15 juillet d’une fille originaire de Condé, avec qui il n’est pas marié. Il est alors dit domicilié à Breuil-le-Vert. Il a un autre enfant en 1818 à Condé-sur-Escaut, où il réside alors. L’acte de notoriété établi en 1815 n’est homologué par le tribunal de Clermont qu’en juin 1824 et lui permet de se marier à Breuil-le-Vert en 1826.
(14) Ainsi Nicolas Kaminski, Polonais au service de France, arrivé en France en 1814 comme prisonnier des Prussiens, atteste en 1831 que les « divers papiers dont il était porteur ont été détruits en 1815 lorsqu’ils les avaient cachés pour ne pas les laisser tomber es mains des étrangers pendant la deuxième invasion ». Voir Arch. Oise. Mp1322/2 et Mp1377.
(15) Le cas de Jean Keire-Accenikow est particulier: déserteur des armées russes établi en 1815 à Luzarches (Val d’Oise) puis à Chambly, il ne comparaît devant le juge de paix pour se faire établir un acte de notoriété qu’en 1837, car il ignorait qu’il s’agissait d’un moyen de pallier à l’absence de son acte de naissance et des actes de décès de ses parents.
(16) Les régiments d’origine sont très divers : Sabaloff est déserteur du 3ème régiment de chevau-légers, Bouslet déserteur d’un régiment d’infanterie russe. Minasse, de Bury, a un parcours épique : né en Pologne allemande, il dit avoir quitté son pays pour servir l’Autriche. Fait prisonnier par les Français-Italiens, repris par les Anglais, il est finalement congédié et se réfugie à Clermont, puis à Bury. L’ancien lancier Nokeski a quand à lui été fait prisonnier en 1812 en Espagne où il reste 3 ans. Revenu en 1815 il est ré-incorporé dans les lanciers de l’ancienne Garde, avant d’être fait prisonnier puis de s’échapper.
(17) De la même manière, les déserteurs étrangers présents dans le département de l’Aisne semblent ne pas être comptés dans les statistiques de mouvement des étrangers dans le département de l’Aisne. Ainsi, le décompte de 1833 recense 21 étrangers, dont 5 Polonais : 2 médecins et 3 réfugiés de 1831, alors même que des sondages dans l’état civil ont permis de recenser plus de 20 déserteurs polonais qui ont fait dans le département après les guerres napoléoniennes. Voir Arch. Nat. F7 119878/A.
(18) Ordonnance du roi du 16 mars 1831 accordant des lettres de déclaration de naturalité à Nicolas Kaminski, originaire de Cracovie, établi à Ravenel. 5 août 1817 pour Urbain Malezewski.
(19) Voir les dossiers de naturalisation Ogonowski et Malezewski. Arch. Nat. BB11/126/1 dossier 7550 B3 et BB11/153/1 dossier 6797 B3.
(20) Arch. Nat. F7 9332. Joseph Godichart avait été condamné pour « vol d’effets et d’argent avec circonstances aggravantes » et condamné en juin 1823 à 5 ans de travaux forcés, commués en 3 ans de détention. Dans la même liasse de documents, on trouve d’autres cas similaires, notamment celui de Jean Rousseau, natif de Cracovie, et condamné par la cour d’Assises de Laon en 1821. Il est expulsé à l’issue de sa peine, en 1826, et une feuille de route lui est attribuée pour qu’il rejoigne la Pologne, via Avesnes puis Maubeuge. Et s’il l’a suivi rigoureusement jusqu’à Avesnes, il ne se présenta jamais à Maubeuge.

Une réflexion au sujet de « Les Polonais de Napoléon dans l’Oise (1814-1825) »

  1. Avatar de Claire TurpinClaire Turpin

    Bonjour,

    Concernant l’article les Polonais de Napoléon

    Stanislas Klieski est né à Pivoinis Pologne et non Pivonne.

    L’orthographe n’est peut-être pas exacte mais Pivoinis est présent dans tous les actes et jamais Pivonne. Il savait écrire, il est devenu Loueur de voitures à Compiègne où son entreprise avait « pignon sur rue » puisque son fils a transporté Napoléon III. Il s’est marié à Compiègne où il est décédé. Je suis une descendante.

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