Une curieuse signature de contrat en plein coeur de la forêt de Compiègne, en 1593

La Bibliothèque Nationale conserve un mémoire judiciaire (factum) au curieux contenu, intéressant le fief du Grand Autreval, l’un des principaux fiefs de Pierrefonds sous l’Ancien Régime. Rédigé en 1606, il met en scène deux familles, les Bugnie d’une part, et de Vienne d’autre part, protagonistes d’une dispute qui durait déjà depuis plusieurs décennies. Le différent avait pris une autre tournure lors d’un curieux épisode survenu en 1593, ayant pour cadre le monastère de Saint-Pierre-en-Chastres, en plein coeur de la forêt de Compiègne, et occasionné une nouvelle série de procès: c’est ce que nous révèle ce document…

Factum pour demoiselle Jehanne de Buygnie
Factum pour damoiselle Jehanne de Buygnie, intimée, contrate Raoul de Vienne, Claude Hesselin et consorts. Bibl. Nat. 4-FM-21108 (BIS,80).

Dans la seconde moitié du XVIè siècle, les Bugnie et les Vienne se partageaient la propriété du Grand Autreval, pour une raison qui nous est inconnue. Jeanne de Bugnie, femme de l’avocat compiégnois Denis Tarlé, était la descendante des anciens propriétaires du Grand Autreval : ses arrière-grand-parents Quentin Grousset (ou Grouchet) et Marguerite Cocquel possédaient le fief au début du XVIè siècle (1). A leur mort, ils ne laissèrent que trois enfants mineurs, Laurent, Jean et Antoinette, et en 1522 il fallut préparer la vente du fief par décret (2). Cette vente eut-elle lieu ? Nous n’en avons aucune trace. Toujours est-il qu’à la fin du XVIè siècle, Jeanne de Bugnie – dont la mère Claude Grousset était la fille de Laurent Grousset – était l’une des protagonistes d’une querelle concernant le Grand Autreval, dont la première décision de justice connue remontait à 1573, comme nous allons le voir.

Quand aux de Vienne, ils étaient arrivés à Pierrefonds au milieu du XVIè siècle, en la personne de Raoul de Vienne. Raoul de Vienne avait acheté le fief du Grand Autreval en 1545 ou 1546, date à laquelle le roi lui fait don, ainsi qu’à sa femme Mathurine Drouin, des droits de « quint et requint » dûs suite à cet achat (3). Ce don royal pourrait s’expliquer par le fait que Raoul de Vienne gravitait dans l’entourage royal – dont la cour avait alors ses habitudes à Villers-Cotterêts. Il était dès 1540 clerc d’office de Marguerite de France, fille du roi François Ier : c’était donc lui qui avait la charge de contrôler ce qui était livré pour être destiné aux repas de la princesse, charge qu’il occupait toujours en 1548. En 1549, il est l’un des « cent gentilhommes de la maison du roi », c’est à dire membre de la garde personnelle du roi François Ier. Les années 1545 – 1547 sont prolifiques pour Raoul, qui achète en 1545 le fief de la Muette, à Largny (4), puis en 1547 les deux fiefs du Petit Autreval et de Branges, à Pierrefonds. En 1570 il était le valet de chambre de Marguerite de France, devenue duchesse de Savoie.

Preuves de noblesse des de Vienne devant l'intendant Caumartin
Preuves de noblesse de la famille de Vienne produites en 1670 devant Caumartin, intendant de Champagne. Bibl. Nat.. Département des Manuscrits. Français 31214 (Cabinet de d’Hozier 333). Cette version comporte des notes manuscrites qui ne figurent pas dans d’autres versions des mêmes preuves, et notamment le Manuscrit Français 29470 (Pièces originales 2986) (5)

Si on ignore la raison de la querelle entre les descendants de Quentin Grousset et la famille de Vienne, celle-ci avait perdurée pendant toute la seconde moitié du XVIè siècle: le factum de 1606 mentionne une sentence de 1573, un arrêt de juillet 1575 et un autre arrêt d’avril 1589. Le factum de 1606 fait suite à une énième sentence, datée du 25 janvier 1606, et censée régler un « conflit dans le conflit » : le 30 septembre 1593 Jeanne de Bugnie était tombée dans une sorte de « guet-apens » et avait dû signer contre son gré et devant notaire un contrat qui devait la ruiner et donner par ruse aux descendants de Raoul de Vienne l’entière propriété du Grand Autreval. La sentence de janvier 1606 va annuler le contrat de 1593 et la famille de Vienne faire appel de la sentence. C’est dans le cadre de cet appel qu’a été rédigé le factum de 1606.

Que s’était-il donc passé ce 30 septembre 1593 ? A cette date Denis Tarlé et sa femme Jeanne de Bugnie, d’une part, et les représentants de la famille de Vienne, d’autre part, doivent parvenir à un accord soldant des années de procès. Les protagonistes du côté de la famille de Vienne ne sont malheureusement pas nommés : nous savons seulement qu’ils sont représentés en 1606 par Raoul III de Vienne – petit-fils de Raoul I de Vienne dont il a été question précédemment – et Claude de Hesselin – qui avait à l’époque les droits des enfants mineurs de Raoul II de Vienne, fils de Raoul I de Vienne, pour avoir épousé sa veuve Anne Chrestien. L’accord est le suivant :

  • les de Vienne cèdent, sans garantie, à Tarlé et sa femme, des droits à hauteur de 7353 livres sur la succession de Laurent Grousset, dont le curateur est un certain « maître Antoine Carrière ». Tarlé et sa femme doivent recouvrer cette somme à leurs dépens, et en échange leur payer une rente annuelle de 525 livres, avec une première échéance 6 semaines seulement après la signature du contrat.
  • moyennant ce qui semble être une constitution de rente, les de Vienne, Tarlé et sa femme doivent demeurer quittes des dépenses, dommages et intérêts déjà adjugés et à adjuger lors de leurs procès. A ce titre, les de Vienne se font remettre 350 écus correspondant aux dépenses, et l’équivalent de 22 années de récoltes de la moitié de la terre d’Autreval, évalués à 4000 écus.

Derrière la préparation de cet accord se cache un nommé René le Gresle, avocat en Parlement, présenté comme le cousin du couple Tarlé, qui alors qu’il « estoit au païs » aurait convaincu Tarlé de signer cet accord, « lui disant, en particulier et en compagnie, qu’il l’assisterait de conseils, et le garderait d’être trompé ». Mais alors que le contrat doit être signé, les choses prennent une tournure plutôt étrange: au lieu de signer ce contrat au bourg de Pierrefonds – où résident les de Vienne – ou à Compiègne – puisque ce sont les notaires compiégnois Pierre Crin et Jean de Pronnay qui instrumentent – le couple Tarlé est mené au monastère de Saint-Pierre-en-Chastres, lieu isolé au beau milieu de la forêt de Compiègne. Est-ce pour mettre faire pression sur eux ? Sans doute puisqu’une fois arrivés ils découvrent, outre René le Gresle et les deux notaires, « huit hommes de guerre armés ». La situation dégénère alors rapidement: lorsque le notaire Jean de Pronnay propose de modifier une clause au contrat, dressé de la main de René le Gresle, il est menacé d’être emmené « prisonnier au chasteau de Pierrefonds ». Il fut tellement surpris de cette menace « qu’il n’osa plus parler ». Quand à Jeanne de Bugnie, elle n’a guère son mot à dire. Lorsqu’elle s’inquiète que le contrat ne fasse aucune mention des réparations devant être faite à la ferme du Grand Autreval on lui demande immédiatement de se taire : « Gresle lui dit tout bas vous êtes une terrible femme et dit à l’instant audit Tarlé Monsieur faites taire votre femme elle nous brouillera ici. Lequel Tarlé (…) dit à l’intimée Diable de la femme taisez vous la poussant rudement du poing sur l’estomac (…) ». Jeanne de Bugnie se retire alors dans la cour, en pleurs, pour ne revenir que lorsqu’il lui fut demandé de signer l’acte.

Une fois l’acte signé, les de Vienne jubilent. En présence de Denis Tarlé, ils se vantent de l’avoir trompé, et « se vantoient (…) d’avoir contracté avec un sot (…), se moquant de lui en sa présence, et qu’ils avoient tiré un contrat par lequel ils rentreroient bientôt en la terre d’Aultreval ». A postériori ce n’est guère étonnant: les de Vienne étaient évidemment de mèche avec Pierre Crin et René le Gresle, qui furent leurs avocats au procès qui allait s’ensuivre, et qui avaient participé à cette machination contre le couple Tarlé. En effet, les de Vienne savaient pertinemment qu’il n’y avait rien à tirer de ces 7353 livres à prendre sur la succession de Laurent Grousset, dont il ne restait en fait rien.

Les pertes estimées pour Jeanne de Bugnie semblent vertigineuses, en regard de sa fortune, puisqu’elle les estime à un peu plus de 32 000 livres. Sa défense tient principalement au fait qu’elle a été forcée à signer l’acte. À cause des circonstances de la signature, comme nous venons de le voir, mais surtout parce qu’elle y a été contrainte par son mari. Le factum est l’occasion de décrire Denis Tarlé, qui était décédé entre temps, comme un horrible personnage. Non seulement il aurait été un « faible d’esprit » et « incapable d’affaires », ce qui l’avait conduit à tomber dans le piège tendu par René le Gresle. Mais il est également dépeint comme un tyran qui faisait régner la terreur dans son foyer. Victime des « déportements et mauvais traitements qu’elle recevoit de son mari », Jeanne de Bugnie n’avait eu « un jour de liberté estant avec ledit Tarlé ». Sa venue pour signer l’acte s’était faite sous contrainte car lorsque Jeanne contestait l’idée de signer un tel accord Tarlé « se transportoit de colère contre elle, jurant et blasphémant le nom de Dieu (…) ledit Tarlé faisant des façons comme s’il eut esté insensé, rompoit ses meubles, s’arrachoit la barbe, se battoit et vouloit la frapper avec un couteau ».

On ignore malheureusement comment se termina le litige entre les deux familles (6). Dans les années qui suivirent le Grand Autreval est toujours séparé en deux. En parallèle on voit toujours Raoul III de Vienne prendre le titre de « seigneur du Grand Autreval » dans certains actes passés devant le notaire de Pierrefonds. Cette situation perdurera sans doute jusqu’en 1647, date à laquelle on voit les descendants de Jeanne de Bugnie présenter un aveu et dénombrement pour la totalité du fief du Grand Autreval. Ils en étaient toujours les propriétaires au XVIIIe siècle.

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Notes

(1) On ignore quasiment tout de Quentin Grousset et Marguerite Cocquel. Ils possédaient deux maisons à Noyon, selon des actes de 1509 et 1516 (Voir « L’Ancien Noyon : recherches historiques et topographiques sur les rues, maisons, hôtelleries et autres établissements de cette ville avant 1790« ). Marguerite Cocquel était la nièce de Pierre II Lemaire, qui possédait le Grand Autreval à la fin du XVe siècle. Elle en aurait donc hérité.

(2) Arch. Nat. R4 136 Sentence du bailliage de Crépy datée du 2 ai 1522, qui ordonne que l’adjudication par décret du fief du Grand Autreval, poursuivie sur les enfants mineurs de Quentin Grouchet et Marguerite Cocquel sera à la charge d’entretenir le bail fait à Gabriel de Crèvecoeur d’une fosse à poissons ou petit étang qui est contigüe à la maison d’Autreval. A cette date le tuteur des enfants trois enfants Grouchet est Jean de la Feuillade, écuyer.

(3) Arch. Nat. R4 126

(4) 23/09/1545 Foi et hommage pour le fief de la Muette, par noble homme Hubert le Charpentier, fourrier du roi, comme procureur de noble homme Raoul de Vienne, relevant de la terre et seigneurie de Lévignen, qui l’avait acquis de noble homme François de Grouches, seigneur de Gribauval (Arch. Nat. R4 99, liasse Largny)

13/06/1556: acte de foi et hommage pour le fief de la Muette par Jean du Haste, à cause de Claude du Mayne sa femme, fille et héritière en partie de Mathine Drouyn sa mère, en son vivant femme en secondes noces de Raoul de Vienne, seigneur d’Autreval (Arch. Nat. R4 99, liasse Largny)

(5) Comme souvent dans les archives du Cabinet des Titres de la BNF, la généalogie présentée devant Caumartin est à prendre avec beaucoup de précautions. Le notaire Boucher, de Jaulzy, qui aurait signé un acte de 1598, n’a jamais existé. L’acte est-il un faux, ou y-a-t-il eu une confusion avec le nom d’un témoin ?

(6) Des premières recherches dans les volumineuses archives du Parlement de Paris n’ont pas permis de retrouver, ni la sentence de 1606, ni les suites de la procédure d’appel.

Annexe I – Texte du factum de 1606

Annexe II : généalogie des de Vienne

I. Pierre de Vienne, auteur de cette famille, comme il apparaît dans une sentence du 30 décembre 1614 destinée à prouver la noblesse des de Vienne, comme rapporté dans les preuves présentées devant Caumartin. On ne sait rien de lui. Il est peut être lié à un certain Colard de Vienne, mentionné dans des énumérations de terre à Mortefontaine en 1487.

II. Jean de Vienne, décédé avant 1568, qui épousa Simone le Haste, issue d’une famille établie à Orrouy. Certains membres de cette famille prirent le nom de « Du Haste » après avoir accédé à la notabilité dans la seconde moitié du XVIè siècle. Jean de Vienne et Simone le Haste eurent pour enfants :

  • Raoul I de Vienne, qui suit
  • Jean de Vienne, prêtre, prévôt des « Arts en Poitou » en 1582. Dans un acte de 1568 mentionné dans les preuves de noblesse présentées à Caumartin, il est qualifié d’écuyer et « prévôt d’Essays, chanoine en l’église de Luron et prieur de Luron ».
  • Philipotte de Vienne, qui épousa Hubert le Charpentier, fourrier du roi, demeurant à Villers-Cotterêts
  • Jeanne de Vienne, qui épousa Jean de Montigny, archer de la garde du roi
  • Nicole de Vienne, qui épousa Mathieu du Thier

III. Raoul I de Vienne, écuyer, clerc d’office de Marguerite de France (1540, 1548), son valet de chambre (1539, 1557, 1560, 1565 et 1570), gentilhomme de la maison du roi (1549), seigneur de la Muette à Largny, du Petit Autreval, de Branges-Haucourt et du Grand Autreval à Pierrefonds. Fils de Jean de Vienne et Simone le Haste, comme il apparaît dans un acte de 1568 présenté à Caumartin et dans un acte passé en 1582 devant le tabellion royal Delaplanche, de Pierrefonds, qui mentionne aussi ses co-héritiers Jean de Vienne, Jeanne de Vienne et Philipotte de Vienne. Décédé entre 1579 et 1582. Il épousa :

  • Mathurine Drouin, avant 1545. Elle était peut-être de la famille des seigneurs de Dampleux.
  • Peut-être ensuite, Eléonore, dont le nom de famille nous est inconnu. En effet, l’abbé Dangu, dans son Histoire de Pierrefonds, rapporte qu’il aurait existé dans les souterrains du château de Pierrefonds une tombe au nom de « demoiselle Eléonore, femme de Raoul de Vienne ».
  • Marie Rangueil. A la mort de Raoul I de Vienne elle épousa Arthur de Queutel, seigneur de Bournonville, puis Sulpice Champion, procureur du roi à Pierrefonds.

Raoul I de Vienne eut de son mariage avec Mathurine Drouin ou avec « demoiselle Eléonore » ou avec Marie Rangueil :

  • Raoul II de Vienne, qui suivra. On pense qu’il pourrait ne pas être le fils de Marie Rangueil, pour les raisons qui seront invoquées ci-dessous.

Raoul I de Vienne eut de son mariage avec Marie Rangueil les enfants suivants :

  • Jean de Vienne, marchand à Fontenoy, paroisse de Pierrefonds, dont le testament date de 1617 ou 1618 d’après les archives de la fabrique de Pierrefonds. Il avait épousé Charlotte Le Doien.
  • Antoine de Vienne, bourgeois, qui épousa Louise Houchart. Décédé avant 1626.
  • Jacques de Vienne, seigneur de Branges et Haucourt (1598), garde des sceaux royaux aux contrats obligataires de la châtellenie et prévôté de Pierrefonds (1598), sergent royal à Pierrefonds. Il épousa Marie Thonnelier. Jusqu’en 1605 il possédait la moitié de la maison nommée « Le Grand Logis », située à Fontenoy, hameau de Pierrefonds, partissant à l’encontre de son frère Jean de Vienne. Le 15 octobre 1605 il baille à surcens cette moitié de maison à Raoul de la Porte, licencié es lois, avocat en la cour de Parlement à Paris, demeurant à Pierrefonds. Par le même acte il baille également à surcens ses droits sur le fief de Bournonville, qui devait lui appartenir car il était aux droits de sa soeur utérine Madeleine de Queutel, fille d’Arthur de Queutel, seigneur de Bournonville, et Marie Rangueuil, comme il apparaît par un acte du 16 juillet 1604.
  • Marguerite de Vienne, qui épousa Gilles Bouchel, procureur à Villers-Cotterêts
  • Simone de Vienne, qui épousa François Lemoine
  • Anne de Vienne, qui épousa Jean Féret, laboureur à Pierrefonds
  • Marie de Vienne, qui épousa Pierre Champion

Comme il a été dit précédemment, il n’est pas certain que Raoul II de Vienne soit également le fils de Marie Rangueil. Il était peut-être plutôt issu de l’un des mariages précédents de Raoul I de Vienne. En effet, un acte rédigé le 4 mars 1603 devant Jacques Vuaroquier, notaire à Pierrefonds, mentionne que la succession de Marie Rangueil se composait de 8 parts. On retrouve grâce à divers actes passés devant Jacques Vuaroquier le nom des 8 enfants de Marie Rangueil, avec mention explicite de la filiation de chaque enfant avec Marie Rangueil :

  • ses 7 enfants issus de son mariage avec Raoul de Vienne sont mentionnés dans un acte du 3 juillet 1608: Antoine de Vienne (1), Jean de Vienne (2), Jacques de Vienne (3), Marguerite de Vienne (4), Simone de Vienne (5), Anne de Vienne (6), Marie de Vienne (7), « lesdits de Vienne tous héritiers de défunte Marie Rangueil, leur mère ».
  • Deux actes mentionnent par ailleurs le 8ème enfant de Marie Rangueil: Madeleine Queutel (8), issue de son mariage avec Arthus Queutel.

Preuves:

  • 04.02.1603 — Bail de trois essins de terre provenant de la succession de défunte Marie Rangueil par Anne de Vienne, veuve de feu Jean Féret, demeurant à Pierrefonds, fille de ladite Rangueil, au profit de Jacques de Vienne, demeurant à Fontenoy, paroisse de Pierrefonds, fils de ladite Rangueil. Anne de Vienne est héritière de la huitième partie de la succession de Marie Rangueil.
  • 01.07.1604 — Partage entre Antoine de Vienne, Jacques de Vienne, sergent royal au bailliage de Valois, et Anne de Vienne, veuve de feu Jean Féret, demeurant à Pierrefonds, d’une part, et Jean de Vienne, demeurant à Fontenoy, paroisse de Pierrefonds, d’autre part. Les biens proviennent de la succession de damoiselle Marie RANGUEIL, leur mère. [cité Madeleine Queutel, jeune fille à marier, sœur utérine des parties, qui tire au sort.
  • 16.07.1604 — Vente d’une rente par Antoine de Vienne, Jean de Vienne et Jacques de Vienne, ledit Jacques, tant en son nom que comme ayant les droits de Madeleine Queutel, fille de défunt Arthur de Queutel et de dame Marie Rangueil ses père et mère, Anne de Vienne, veuve de feu Jean Féret, Marie de Vienne, veuve de feu Pierre Champion, à Maître Gilles Bouchel, procureur es sièges royaux de Villers Cotterêts.
  • 29.10.1606 — Vente par de biens provenant de la succession de Marie Rangueil par honnête personne Antoine de Vienne, époux de Louise Houchart, au profit de honnête personne Gilles Bouchel, procureur à Villers Cotterêts.
  • 04.05.1607 — Partage entre noble homme Raoul de Vienne, seigneur d’Autreval, vicomte de la vicomté de Pierrefonds, y demeurant, d’une part, honnêtes personnes Antoine de Vienne , Jean de Vienne, Jacques de Vienne, sergent royal au bailliage de Valois, châtellenie et prévôté de Pierrefonds, y demeurant, honnête femme Anne de Vienne, veuve de feu Jean Féret, et Marie de Vienne, veuve de feu maître Pierre Champion, tous enfants de défunt Raoul de Vienne, d’autre part.
  • 03.07.1608 — Reconnaissance au profit de la bourse des trépassés de Pierrefonds par honnête personne Antoine de Vienne et Jean de Vienne, bourgeois, Jacques de Vienne, sergent royal exploitant par tout le royaume, en son nom et portant fort de Maître Gilles Bouchel, procureur demeurant à Villers-Cotterêts, et Marguerite de Vienne, sa femme, et de François Dubois, tuteur des enfants mineurs de défunt François Lemoine et Simone de Vienne, honnête femme Anne de Vienne, veuve de feu Jean Féret, et Marie de Vienne, veuve de feu honnête personne Pierre Champion, lesdits de Vienne tous héritiers de défunte Marie Rangueil, leur mère [cite le testament de Marie Rangueil, fait devant Legrain, tabellion et maître François Tirlot, prêtre curé de Pierrefonds le 06.03.1598].

IV. Raoul II de Vienne, écuyer, seigneur du Petit Autreval et du Grand Autreval, conseiller et contrôleur pour le roi en l’élection de Soissons (1582). Il épousa par contrat de mariage du 20 juin 1579 Anne Chrestien, fille de Nicolas Chrestien, écuyer, seigneur du fief de l’Eperon, et de Marie Daraine, devant Lagnier, notaire en la prévôté de Pierrefonds (il s’agit sans doute du notaire Lagnier, exerçant à Attichy). Il eut pour enfants :

  • Raoul III de Vienne, écuyer, qui suivra,
  • Antoine de Vienne, épousa Marie Carondas le Caron

V. Raoul III de Vienne, seigneur du Petit Autreval et du Grand Autreval, vicomte de Pierrefonds, l’un des cent gentilhommes de la maison du roi, vicomte de Pierrefonds. Il épousa par contrat du 29 juin 1598 Françoise d’Hesselin, fille de Claude d’Hesselin et de Marie de Cernois. Il est indiqué sur certains sites de généalogie que ce mariage a eu lieu à Hinacourt mais à ma connaissance aucun acte authentique ne prouve cela. On ne sait pas pour quelle raison Raoul III de Vienne prenait le titre de « vicomte de Pierrefonds » ou « vicomte de la vicomté de Pierrefonds ». Ni son père ni son grand-père ne prenaient ce titre. Le fief de la vicomté de Pierrefonds appartenait jusqu’en 1624 au religieux de Saint-Pierre-en-Chastres, qui la revendirent à Hannibal d’Estrées, seigneur de Coeuvres. Raoul de Vienne est décédé après le 29 novembre 1641, date à laquelle il comparaît au contrat de mariage de son fils Pierre de Vienne.

Il eut pour enfants :

  • Jérôme de Vienne, que Caumartin mentionne comme l’aîné de la famille, qui épousa Jeanne de Lire par contrat du 31 janvier 1637 passé devant Gobert, notaire à Savigny. Il épousa en secondes noces Marguerite de Conflans.
  • Antoine de Vienne, qui épousa puis par contrat du 27 janvier 1624 Louise de Brons
  • Pierre de Vienne, seigneur de Branges, qui épousa Simone Sabinet par contrat de mariage du 29 novembre 1641 passé devant Petit et Gosset, notaires au bailliage de Soissons. Il demeurait en 1655 à Retheuil.
  • Marguerite de Vienne, qui épousa François Leclerc, greffier au bailliage de Pierrefonds, par contrat de mariage du 26 mars 1624, passé devant Grou et Chaudron, notaires à Soissons

Non rattachés :

Claude de Vienne, notaire et procureur es sièges royaux de Pierrefonds. D’après un site de généalogie, il serait né à Pierrefonds le 6 juin 1627, fils de Jacques de Vienne et de Marie Tonnelier (non vérifié).

Il épousa Jeanne Vuaroquier. Ils eurent pour enfants :

  • Claude de Vienne, sergent royal à Pierrefonds. Il épousa Marie Anne Rogelet par contrat de mariage du 10 octobre 1685, d’où Claude de Vienne, Jeanne Antoinette de Vienne (épouse de Martin Duquesnoy) et Marguerite de Vienne (épouse d’Antoine Delettre)
  • Marie de Vienne, qui épousa Charles Fauvel, sergent garde en la forêt de Cuise, par contrat de mariage du 30 janvier 1673
  • Jacques de Vienne, procureur et greffier du bailliage de Pierrefonds, notaire royal
  • Louise de Vienne, qui épousa Valentin Sinot
  • Anne de Vienne, qui épousa Pierre Tacheron, maître chirurgien à Pierrefonds
  • Jeanne de Vienne, citée en 1673

Mesme de Vienne l’aîné, sergent royal à Pierrefonds en 1664. Il épousa Marie Gribillion d’où :

  • Mesme de Vienne le jeune, laboureur à Pierrefonds en 1664, marchand à Soissons en 1685, d’où une fille Claude de Vienne
  • Marie de Vienne, qui épousa Jean Osselin, charron à Chelles, par contrat de mariage du 8 juin 1677

Il est possible que cette branche soit issue de Jean de Vienne et Charlotte le Doien car un Mesme de Vienne possédait au XVIIè siècle les biens échus de la succession de Jean de Vienne.

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