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Une curieuse signature de contrat en plein coeur de la forêt de Compiègne, en 1593

La Bibliothèque Nationale conserve un mémoire judiciaire (factum) au curieux contenu, intéressant le fief du Grand Autreval, l’un des principaux fiefs de Pierrefonds sous l’Ancien Régime. Rédigé en 1606, il met en scène deux familles, les Bugnie d’une part, et de Vienne d’autre part, protagonistes d’une dispute qui durait déjà depuis plusieurs décennies. Le différent avait pris une autre tournure lors d’un curieux épisode survenu en 1593, ayant pour cadre le monastère de Saint-Pierre-en-Chastres, en plein coeur de la forêt de Compiègne, et occasionné une nouvelle série de procès: c’est ce que nous révèle ce document…

Factum pour demoiselle Jehanne de Buygnie
Factum pour damoiselle Jehanne de Buygnie, intimée, contrate Raoul de Vienne, Claude Hesselin et consorts. Bibl. Nat. 4-FM-21108 (BIS,80).

Dans la seconde moitié du XVIè siècle, les Bugnie et les Vienne se partageaient la propriété du Grand Autreval, pour une raison qui nous est inconnue. Jeanne de Bugnie, femme de l’avocat compiégnois Denis Tarlé, était la descendante des anciens propriétaires du Grand Autreval : ses arrière-grand-parents Quentin Grousset (ou Grouchet) et Marguerite Cocquel possédaient le fief au début du XVIè siècle (1). A leur mort, ils ne laissèrent que trois enfants mineurs, Laurent, Jean et Antoinette, et en 1522 il fallut préparer la vente du fief par décret (2). Cette vente eut-elle lieu ? Nous n’en avons aucune trace. Toujours est-il qu’à la fin du XVIè siècle, Jeanne de Bugnie – dont la mère Claude Grousset était la fille de Laurent Grousset – était l’une des protagonistes d’une querelle concernant le Grand Autreval, dont la première décision de justice connue remontait à 1573, comme nous allons le voir.

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Guillaume du Sable, auteur de « La Muse Chasseresse » (1611), son environnement familial et ses origines

Nous ne connaissons de Guillaume du Sable que son ouvrage « La Muse Chasseresse », imprimé en 1611. Tout comme la note assassine figurant sur l’exemplaire de « La Muse Chasseresse » conservé à la Bibilothèque de l’Arsenal (« Ses vers sont médiocres. Ce sont des espèces de coq-à-l’âne que l’ont a appelé depuis des amphigouris« ), les commentaires que Viollet-le-Duc a pu en faire dans son « Catalogue des livres composant la bibliothèque de M. Viollet-le-Duc » ne créditent du Sable que d’un « très médiocre talent poétique » mais lui reconnaissent toutefois un « intérêt historique très réel ».

Les éléments biographiques concernant du Sable sont parcellaires : la notice figurant en préambule de l’édition (partielle) de 1884 de la « Muse Chasseresse » mentionne que, « gentilhomme de la vénerie du roi » (charge pour laquelle il aurait servi pas moins de huit rois, à partir de François 1er) et huguenot Guillaume du Sable « parait avoir résidé » pendant la Ligue « dans le pays de Compiègne ». Elle le considère également comme étant « de très bonne noblesse, originaire de Gascogne », supposition sans doute reprise de Guillaume Colletet, dans les quelques pages qu’il lui consacre dans ses « Vies des Poètes Français ». Origine pour le moins douteuse puisque certains des quatrains de Guillaume du Sable (non inclus dans l’édition de 1884) sont destinés à ses cousins, issus de familles de la noblesse du Valois (les Vassan, Nogentel et Grandmaison). D’après Colletet, Guillaume du Sable serait mort en 1615, à plus de 80 ans.

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La Muse Chasseresse – édition de 1884 disponible sur Gallica

Quelques documents d’archives retrouvés récemment sur Guillaume du Sable permettent de le mieux situer dans son contexte familial et géographique, dans la région de Vivières (Aisne). En effet, deux documents notariés où figurent la signature de Guillaume du Sable nous sont parvenus : Lire la suite